Évaluation de bioaccumulation des métaux toxiques (pb, cu, mn) dans les espèces de crabes Callinectes amnicola et Cardisoma armatum consommés avec les légumes d’Abelmoschus esculentus dans la basse vallée de l’Ouémé (Benin, Afrique de l’ouest)

Abstract

Le présent travail porte sur l’évaluation de la bioaccumulation des métaux toxiques (Pb, Cu, Mn) des eaux, des sédiments, de deux espèces différentes de crabes Callinectes amnicola et Cardisoma armatum, et de légume Abelmoschus esculentus (famille des Malvaceae) et communément appelés Gombo consommés dans la basse vallée de l’Ouémé. Méthodologie et résultats : Pour ce faire, les teneurs de trois éléments traces métalliques (ETM) à savoir le manganèse (Mn), le cuivre (Cu) et le plomb (Pb) ont été recherchées dans les eaux, les sédiments de sable, le légume et les crabes à l'aide d'un spectrophotomètre d'absorption atomique à flamme dans 12 échantillons d’eau et sédiments puis dans 72 échantillons de crabes et 10 échantillons de légumes. Par la suite, une évaluation des risques sanitaires liés à la consommation de ces produits contaminés a été réalisée suivant une démarche standard simplifiée. Les résultats ont montré que tous les légumes Abelmoschus esculentus ont des teneurs en Mn et Cu dépassant la réglementation de l'OMS. Les résultats ont révélé également des concentrations en manganèse plus élevées dans les sédiments par rapport aux deux autres échantillons de crabe. Les crabes Cardisoma armatum accumulent plus le Cu et Pb que le crabe Callinectes amnicola. Les concentrations du plomb (Pb) et Mn sont en deçà des normes fixées par l'OMS. Par contre celles du cuivre et de manganèse dépassent largement la réglementation. Le facteur de bioconcentration (FBC) varie de 0,25 à 0,29 pour Mn, de 0,15 à 0,17 pour Cu et de 0,67 à 0,82 pour Pb. La présence de ces éléments traces métalliques dans les crabes, ne peut résulter que du phénomène de la biodisponibilité dans les sédiments. Conclusion et application des résultats : En conclusion, on peut retenir que l’évaluation de la bioaccumulation des métaux toxiques dans les aliments a montré que la consommation de crabes et légumes constitue un danger de santé publique pour la population de la basse vallée de l'Ouémé. Il serait indispensable d’attirer l’attention des populations afin qu'elles adoptent une ration alimentaire variée. Ces résultats devront être un outil d’aide à la prise de décision des autorités au niveau de la santé. La grande recommandation issue des résultats est de procéder à une surveillance sanitaire dans la basse vallée de l'Ouémé en ce qui concerne l’alimentation.

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