SÉCULARISATION, POSTSÉCULARISATION ET FOI RELIGIEUSE DANS L’ESPACE RÉPUBLICAIN
Abstract
La problématique de la foi religieuse dans une république sécularisée est
posée de nos jours par les tensions entre les partisans de la laïcité et les
défenseurs de la religion. Conformément à la position du positivisme
estimant que la croyance en Dieu est destinée à disparaître, la sécularisation
limite au domaine privé la question de la foi religieuse. Pourtant le regain du
phénomène religieux dans la sphère publique tend à donner raison aux
partisans de l’utilité publique de la religion. Ce qui semble remettre en cause
les principes de la laïcité et de la neutralité dans les républiques sécularisées.
Dès lors, la question se pose de savoir comment concilier ces deux positions
antagonistes. L’objectif de cette réflexion est de montrer que l’importance
sociopolitique de la religion semble justifier le dépassement de la
sécularisation. Au-delà de l’apparente contradiction entre foi religieuse et
laïcité, la théorie de la « double tolérance » (A. Stepan, 2000, p. 37-57)
devrait s’appliquer dans les républiques contemporaines dans une logique
de postsécularisation. S’effectuant selon l’approche analytique et critique, la
réflexion montre d’abord que le discours séculier présente des paradoxes qui
ne deviennent intelligibles que si l’on fait recours à la religion. Elle insiste
ensuite sur la nécessité de la complémentarité entre foi et raison dans
l’espace public postsécularisé pour permettre aux républiques actuelles
d’assurer l’épanouissement de leurs citoyens.
