Danse thérapie/musicothérapie : cas du Tchingounmin dans l’aire culturelle Mahi au Bénin
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Au Bénin, le Tchingounmin, d’origine Mahi est l’expression d’un rythme
musical, d’une danse et de chansons idoines. Il peut être utilisé comme dansethérapie
et/ou musicothérapie. Ce rythme-danse semble posséder des propriétés
anxiolytiques et de facilitation de communication d’émotions et de sentiments.
C’est pourquoi la présente étude s’est donnée pour objectif de présenter
l’historique du Tchingounmin et sa description au travers du groupe socioculturel
Mahi.
Il s’agit d’une étude qualitative, déroulée de janvier à mai 2020, basée sur
une revue de littérature et de recueil d’informations auprès de personnes
ressources, dans le but de mieux cerner les contours de la question et pour un
meilleur éclairage.
Le Tchingounmin a sauvé la vie de son créateur (Adisso) dans un contexte
de guerres impitoyables entre les Fon et les Mahi. Adisso a été inspiré du rythme
ancestral Atcha, partagé par les Fon et les Mahi. Atcha se chantait debout, avec
comme instrument de musique, les mains, pour enterrer un défunt. Adisso, qui
avait le rythme « dans le sang », a ajouté au Atcha l’un des instruments capitaux,
qui est le go ou gota (partie principale de la calebasse qui est le fruit du
calebassier). Un joueur tape sur le gota avec un éventail en cuir de buffle, un 2ème,
tape le gan (gong) et un autre gère le tohoun (tam-tam tenant sa percussion de
l’eau). Le gota est l’adaptation du zin (pot en argile) du rythme Zinli chanté et
dansé à Danxomè (Abomey) par les Fon. Le Tchingounmin a, pendant des années,
accompagné les familles en deuil, puis a subi de nombreuses transformations.
L’une des principales transformations a été celle de Alokpon (roi du
Tchingounmin) qui a fait du rythme, une danse festive internationale en y
ajoutant, le son du gan vi non (gong double), un autre tohoun et la flûte en bois.
C’est donc à juste titre qu’une danse aussi riche en histoire qu’en
percussion soit introduite en santé mentale comme dansethérapie/
musicothérapie pour le bonheur des populations. D’autres études sur la
pratique hospitalière de ce rythme seront faites pour affiner les techniques de
prise en charge.
