Arbitrage croissanceinégalités pour atteindre le premier objectif du millénaire pour le développement in Croissance pro-pauvre : Contraintes et défis au Bénin (Alofa Janvier, Manlan Olivier, Vodounou Cosme)
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Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).
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Cette contribution a porté sur l’examen des conditions d’atteinte des OMD1 en termes d’arbitrage entre croissance et inégalités au Bénin. Elle est basée sur l’appréciation de l’influence des inégalités sur l’élasticité du taux de pauvreté au revenu. A cet effet l’approche analytique adoptée est celle proposée par Bourguignon (2002). Elle permet de relâcher l’hypothèse de la constance des inégalités. Les résultats des analyses montrent sans équivoque que l’hypothèse d’une croissance économique neutre à l’inégalité surestime l’élasticité du taux de pauvreté au revenu moyen. Avec cette hypothèse, l’élasticité du taux de pauvreté générée est pratiquement le double de celle obtenue sous l’hypothèse du relâchement de la constance des inégalités. Elle fournit ainsi des tendances plus optimistes en ce qui concerne la vitesse de réduction de la pauvreté. A l’échelle nationale, en 2006, l’élasticité du taux de pauvreté est estimée à 1,88 sous l’hypothèse de croissance neutre à l’inégalité alors qu’en relâchant cette hypothèse, elle passe à 0,78. Ainsi, les inégalités ont réduit de 1,1%, la baisse de l’incidence de la pauvreté en 2006. Cet effet paraît moins important en 2007 (0,3%) à cause de la baisse de l’inégalité entre 2006 et 2007. Les résultats issus des simulations montrent que si l’élasticité du taux de pauvreté obtenue en 2007 sous l’hypothèse du relâchement de la constance des inégalités est maintenue pour les prochaines années, les OMD 1 ne pourront pas être atteints en 2015 mais plutôt en 2024 soit 09 années après. Avec l’hypothèse de la croissance neutre à l’inégalité, cet objectif ne sera pas non plus atteint en 2015 mais en 2020. Ainsi, non seulement les OMD1 ne pourraient pas être atteints avec une telle évolution de l’élasticité du taux de pauvreté, mais les résultats montrent surtout que la non prise en compte des inégalités sous-estimerait de quatre ans l’horizon réalisation de cet objectif. Ces différents résultats suggèrent que les inégalités constituent bien une dimension importante du problème à ne pas négliger dans la lutte contre la pauvreté. Les stratégies de réduction de la pauvreté à opérationnaliser au Bénin doivent privilégier les politiques de redistribution en direction des plus pauvres.
