Efficacité des politiques publiques de microfinance: le cas du programme de microcrédit aux plus pauvres
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L’euphorie des 20 premières années d’expérience de la microfinance s’estompe de plus en plus. La hausse des taux d’intérêt débiteurs, les défaillances dans la maîtrise de la croissance du secteur et l’envolée des impayés sont quelques problèmes posés par les développements relativement récents de la microfinance. Pour faire face à ces problèmes, les intervenants publics ont de plus en plus recours aux instruments des politiques de répression financière jugés auparavant nuisibles ; c’est par exemple le cas des subventions, qualifiées d’ « intelligentes ». Au Bénin par exemple, on utilise de plus en plus des mécanismes dont le fonctionnement est le suivant. L’Etat favorise l’accès des institutions de microfinance aux ressources concessionnelles afin de servir de petits clients à des taux modérés. Les risques de défaut de paiement des petits clients sont partagés par l’Etat et l’IMF contractante. Cette formule est largement utilisée par le Fonds National de la Microfinance, l’un des acteurs majeurs chargés de la mise en œuvre de la Politique Nationale de Développement de la Microfinance du Bénin.
Le présent papier analyse les efficacités théorique et empirique de telles interventions. S’il est possible en théorie d’obtenir des résultats optimaux, les résultats empiriques de l’expérimentation naturelle offerte par le FNM à travers le Programme de Microcrédit aux Plus Pauvres (PMCPP) montrent que la politique de socialisation et de baisse des taux d’intérêt débiteurs s’est largement opérée au détriment de l’efficacité financière des IMF. Bien qu’un tel résultat soit une confirmation de l’arbitrage entre performance sociale et performance financière, il pose le problème de la durabilité des politiques et de leur appropriation par les IMF. Les raisons de cette inefficacité de politique publique résident dans les problèmes liés à la mise en œuvre du mécanisme par le FNM : un mauvais ciblage des bénéficiaires et des IMF partenaires et une socialisation trop rapide des IMF partenaires.
