Les sculptures de la Route de l’Esclave de Ouidah ou le paradoxe d’un discours

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La ville de Ouidah constitue dans le projet de société du président béninois Patrice Talon, un enjeux touristique majeur. Originaire de cette ville, le chef de l’État béninois a prévu d’y mener des travaux d’aménagement de grande ampleur au nombre desquels sont prévues les reconstitutions des forts français et anglais aujourd’hui complètement détruits, et aussi, symboles de la réduction d’hommes et de femmes à une condition servile et à leur marchandisation. Les mêmes travaux prévoient de redéfinir le discours de la Route de l’Esclave pour se conformer à une mise en tourisme qui réponde aux standards internationaux, avec un risque bien évident de folklorisation et de bricolage de la mémoire liée à la traite des esclaves. La mise en scène actuelle de la Route de l’Esclave pourtant est loin d’offrir une mémoire consensuelle autour du phénomène de l’Esclavage à Ouidah. L’aménagement de ce parcours pour les besoins du festival Ouidah 92 et du projet de la Route de l’Esclave ont révélé de profondes contradictions dans les projets de commémoration liés à la traite transatlantique et les désirs souvent non avoués d’un contrôle de la mémoire par certaines parties en présence.

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