DESCRIPTION DU EKPOSƆSƆ ET DU AMƐSHIHWƐƉEƉE OU LA PRATIQUE DU LEVIRAT ET DU SORORAT EN MILIEU AJA : ENTRE REGRESSION ET DIGRESSION
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Les personnes d’une même famille manifestent une certaine solidarité entre
elles à travers certaines pratiques dont la description intéresse la présente
réflexion. En effet, comme les mariages et les naissances constituent des
moments festifs dans les familles, de même, les décès et le lévirat sont des
périodes pénibles, de tristesse et de solitude ; et pourtant il faut vivre ces
moments qui sont des faits de société. Les personnes éplorées sont
soutenues par des voisins ou des membres de leur famille qui manifestent à
leur égard la solidarité, la compassion et partagent les douleurs à travers des
assistances physiques, morales, spirituelles et financières. Le défunt ou la
défunte laisse à la charge de son épouse ou de son époux des enfants qui ont
une fois encore besoin de leur père ou de leur mère. Mieux, la maison du
défunt doit être gardée afin que ses traces ne disparaissent point ; d’où
l’imposition du lévirat ou du sororat selon la zone de provenance des
acteurs. Le lévirat est pratiqué dans plusieurs milieux en Afrique. Mais le
sororat est une autre manche du mariage qui est pratiquée dans certains
espaces de l’Afrique également. La présente étude vise à étudier la pratique
du lévirat et du sororat en milieu aja. La théorie utilisée est celle du
culturalisme de Jean François (2002), de Ruth Bénédict et al (2019), qui
ont montré comment l’individu est entièrement façonné par la culture du
groupe dont il est issu ; de Houis (1977) et de Tchitchi (2008) qui s’appuient
sur les réalités africaines pour transcrire les langues africaines. De là, nous
sommes allé sur le terrain dans l’espace aja, dans les départements du
Couffo, du Mono, du Zou, de L’Atlantique, du Littoral et de l’Ouémé. Nous
avons interrogé des personnes d’un certain âge pour qu’elles nous décrivent
les deux pratiques en insistant sur celle qui est en vogue dans leur milieu.
Les résultats obtenus révèlent que le lévirat est ancré dans la culture aja car
la succession au trône est guidée par le système patriarcal alors que le
sororat se retrouve ailleurs surtout dans les pays où le pouvoir est basé sur le
système matriarcal. Les aspects linguistiques et sociologiques de la
réflexion ont révélé les avantages et les limites de ces pratiques de même
que les procédés qui ont conduit à la formation des termes de ekposɔsɔ et
amɛshihwɛɖeɖe. On en déduit que le lévirat est pour la famille du défunt ce
qu’est le sororat pour la famille de la défunte.
