EVALUATION DES SYSTEMES DE PRODUCTION MARAICHERE DU SUD-BENIN : CARACTERISTIQUES ET TYPOLOGIE OPERATIONNELLE POUR L’AMELIORATION DE L’IRRIGATION SUR LE PERIMETRE DE HOUEYIHO A COTONOU
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Le maraîchage relève des douze filières prioritaires de la politique béninoise de
relance du secteur agricole et rural. Le développement de cette filière à Cotonou
est diversement contraint par la faible maîtrise de l’eau, l’accès difficile à la
terre, une forte pression parasitaire des cultures, la baisse de la fertilité des sols,
etc. L’irrigation manuelle majoritairement pratiquée est évidente à l’usage des
arrosoirs sur des tranchées creusées sur les sites maraîchers et des puits busés.
Une minorité d’acteurs utilisent les tuyaux d’irrigation et les asperseurs
artisanaux et importés. Ce système d’arrosage montre de contraintes majeures
dont la pénibilité et l’insuffisance de l’arrosage entraînant le flétrissement
permanent des cultures, les risques élevés d’affections cutanées dues aux séjours
fréquents et répétés dans l’eau des tranchées et la forte demande en main
d’œuvre. La présente étude a été initiée en vue de : (i) relever les caractéristiques
majeures des systèmes de production maraîchère du sud-Bénin ; (ii) dégager les
différents types d’exploitation maraîchère ; (iii) analyser les différentes
adaptations développées et préconiser des solutions concertées au rehaussement
de l’importance économique et sociale du maraîchage. Elle a été conduite sur le
site maraîcher de Houéyiho à Cotonou au Sud-Bénin, couvrant 15 hectares, et
jouissant d’un climat subéquatorial et d’environ 1200 mm de pluie par an. La démarche méthodologique utilisée est basée sur les visites de terrain pour repérer
les espaces et produits et les enquêtes quantitatives par entretiens semi directifs
auprès des producteurs. Cent cinquante individus ont été échantillonnés suivant le
principe de représentativité et selon la taille de l’exploitation, les spéculations
pratiquées, les types d’exploitants, les catégories socioprofessionnelles et le sexe ;
les femmes représentent toujours au moins le tiers de l’échantillon
pour maximiser la diversité des situations en présence.
Les systèmes de production maraîchers relevés dans la région sont
essentiellement marqués au plan: (1) structural : diversité de cultures légumières,
élevage de monogastriques, absence de motopompe, billonnage et labour ; (2)
semi fonctionnel endogène et ouvert à la recherche et technologie: gestion de la
fertilité du sol par usage combiné d’engrais chimiques et du compostage,
utilisation de main d’œuvre familiale, d’entraide et salariée, présence dynamique
d’ONGs, effectifs croissants d’acteurs adhérents. Le système traditionnel est
ouvert à la collaboration technologique. Le seuil de survie varie selon les
acteurs : (a) 524.800 F CFA par actif ; (b) 45.140 F CFA (par bouche à nourrir) ;
(c) 149.550 F CFA (seuil de survie monétaire par actif). L’analyse du système de
production à partir du mode d’accès à l’eau et de l’activité de l’exploitant conduit
à 3 types d’exploitation: (1) Exploitations irriguées mécaniquement par le
système au tourniquet artisanal (Type E1) créatrices de Valeur Ajoutée Brut
(VAB) de 787 200 F CFA ; (2) Exploitations irriguées manuellement (Type E2) à
VAB de 1.201.000 F CFA ; (3) et Exploitations traditionnelles diversifiées, extra
agricoles et d’éleveurs (Type E3) à VAB de 1 146 000 F CFA. Les types E2 sont
économiquement plus rentables mais les facteurs de risques de maladies par
exemple liés à ce système le fragilisent. De nouvelles études sont nécessaires pour mieux cerner les aspects sociaux du système.
