Les stratégies d’utilisation des ressources alimentaires locales par les caprins dans quatre communes du Bénin.
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Une typologie des pratiques d’alimentation des caprins a été réalisée dans quatre zones agro-écologiques du Bénin (Tanguiéta
au nord-ouest, Kérou au nord-est, Kpomassè au sud et Glazoué au centre). Cette enquête a pris en compte 480 producteurs de
caprins répartis dans quatre villages. Les données collectées à l’aide d’un questionnaire structuré ont permis de constater que
l’élevage des caprins est une activité secondaire à l’agriculture et se pratique dans un système extensif caractérisé par un mode
divagant pendant la saison sèche. En saison pluvieuse, certains éleveurs (43,1%) maintiennent leurs animaux en divagation
tandis que d’autres pratiquent la mise au piquet (45,0%) ou la stabulation (11,9%). L’alimentation des animaux est basée sur
l’utilisation des parcours naturels et des compléments alimentaires composés de plantes fourragères (80,2%), des sous-produits
agro-industriels (SPAI) (71,1%), des résidus de récolte (37,7%) et divers aliments concentrés (2,9%). Quarante-trois plantes
fourragères consommées par les caprins ont été identifiées et représentées par Ficus gnaphalocarpa, Ficus polita, Zanthoxylum
zanthoxyloïdes et Ficus umbellata qui sont les plus consommées respectivement dans les Communes de Tanguiéta, Kérou,
Kpomassè et Glazoué. Huit SPAI (son de maïs, son de soja, son de sorgho, son de mil et les épluchures de manioc ou d’igname)
sont répertoriés avec une forte préférence pour le son de maïs (63,5%) dans l’ensemble des Communes. Toutefois, on note une
forte utilisation du son de sorgho dans les deux Communes du nord. L’épluchure de manioc est plus valorisée au sud du pays.
Les caprins exploitent aussi les résidus de récoltes comme la paille de céréales (maïs, sorgho ou mil), la fane d’arachide et de
niébé et les gousses de niébé et de soja pour assurer la complémentation alimentaire des caprins. La paille de maïs (23,3%) et
les fanes d’arachide (26,7%) sont les résidus de récolte les plus valorisés. La majorité des producteurs apportent de l’eau
d’abreuvement à leurs animaux. Les principales sources d’eau d’abreuvement sont les forages (90,8%) en saison sèche et l’eau
de pluie (66,0%) en période pluvieuse. Cette typologie a permis de distinguer 7 types de stratégies de complémentations
représentés par les éleveurs la classe 1 (37,30%) dont les animaux valorisent le fourrage et les SPAI, les animaux de la classe
2 (19,80%) consomment le fourrage, les résidus de récoltes et les SPAI, les caprins des éleveurs de la classe 3 (14,60%)
exploitent le fourrage et les résidus de récolte et ceux de la classe 4 (13,30%) sont nourris de SPAI.
