Déterminants socioéconomique des migrations au Bénin: cas des pêcheurs xwéla du Lac Ahémé

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Editions Universitaires Européennes

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Le développement humain, pour être durable, doit tenir compte non seulement du social et de l’économique mais aussi et surtout de l’environnemental. Les communautés humaines doivent tirer efficacement des ressources naturelles dont elles disposent pour leur épanouissement. Le lac Ahémé qui est une ressource naturelle doit à ce titre servir les populations riveraines dans leurs processus de développement. Partagé par deux Départements de la République du Bénin à savoir le Département de l’Atlantique et celui du Mono, le lac Ahémé a été pendant longtemps considéré comme l’un des plus importants lacs de l’ensemble des eaux littorales du pays. Les communautés riveraines de ce lac à savoir les xwela, les xwla, les fͻn, les mina, les watci, les aïzͻ, etc, ont su développer une dynamique locale sous l’autorité des différents rois ZOUNON de Guézin pour présider aux destinées de ce lac. Cette organisation a permis de gouverner pendant plusieurs siècles ce lac à la satisfaction générale des acteurs pêcheurs locaux. L’affaiblissement de la chefferie traditionnelle par l’avènement du 26 octobre 1972 au Dahomey aujourd’hui Bénin, a conduit progressivement à l’utilisation sans contrôle du foncier lacustre. Un véritable désordre s’est installé et s’observe sur le lac sans que le pouvoir central, qui pourtant dispose d’un droit de décision n’arrive à se prononcer. Et comme l’usage anarchique de tout bien commun conduit toujours à sa destruction, le lac Ahémé a commencé à s’appauvrir en ressources halieutiques. Les efforts de pêche sont devenus grands au point où les pêcheurs dont la vie ressemblait déjà à celle des éleveurs nomades, se voient contraints de prendre le chemin de la migration externe. Comme aux premières heures de l’exploration coloniale, les pêcheurs xwela vont loin, aussi loin que possible à la recherche des plans d’eau où les filets peuvent passer et repasser. Plus le poids démographique croît, plus la pression sur le lac augmente et plus encore l’effort de pêche devient très grand ouvrant ainsi grandement la porte à plusieurs xwela riverains du lac Ahémé sur le boulevard de la migration, même clandestine. La démarche méthodologique basée sur la recherche documentaire et les enquêtes de terrains d’une part et l’usage des modèles SWOT et PEIR d’autre part, ont porté sur un échantillon de soixante (60) xwela, migrants ou non, ayant un minimum de quinze (15) ans selon la technique du choix raisonné et celle par quota. Cette méthodologie a permis d’avoir les résultats ainsi qu’il suit. Les 98% des populations ont affirmé que la migration des pêcheurs xwela s’explique par l’appauvrissement du lac Ahémé ; six (6) personnes sur dix (10) c’est- à- dire 60% des personnes enquêtées ont attribué ce dépeuplement du lac à la manière dont il est géré par l’Etat central qui en est, selon eux, le premier propriétaire, même si la décentralisation est désormais une réalité irréfutable au Bénin. Les xwela ne sont pas migrants de nature. Ils resteront autour du lac Ahémé si les conditions de pêche s’amélioraient autour de celui-ci.

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