Investiguer les trajectoires de jeunes et enfants mobiles au Bénin : le Socio-anthropologue dans le processus d'une protection efficace des mineurs
Abstract
Les déplacements d’enfants et de jeunes sont des phénomènes observés avec des causes et des manifestations multiples et différentes selon les milieux. Dans les processus de déplacement des les points de départs de certains sont parfois les points de chute d’autres. Il reste quand même que dans chaque pays il y a des localités qui sont reconnues beaucoup plus pour leur rôle de pourvoyeurs de candidats au départ tout comme il y en a qui reconnues pour leur capacité à accueillir les gens venant d’ailleurs. Dans la sous région ouest-africaines des pays comme le Ghana, le Nigéria et la Cote d’Ivoire ont joué ou continuent de jouer des rôles de premier plan de part leur position dans les trajectoires de jeunes mobiles à la recherche de mieux-être. D’autres pays comme le Sénégal et le Bénin ont joué à un moment donné d’importants rôles dans la gestion de la mobilité sous contrainte dont ont été victimes les ressortissants des pays limitrophes. Toutes ces dynamiques s’inscrivant dans les déplacements humains internationaux ont été dans une large mesure investiguées et ont nourrit des débats scientifiques et développementalistes longtemps focalisé sur des questions de « migrations », de « traite » de « droit des refugiés » etc. A l’échelle d’un pays comme le Bénin, il y a un grand nombre de processus en cours favorables ou contre les déplacements de mineurs. On note des formes diverses de déplacement impliquant des enfants et ayant des influences diverses sur leur trajectoire de vie. Partant du Bénin il y a des déplacements d’enfants et de jeunes vers le Nigéria et le Gabon mais il y a aussi d’importants flux dont les trajectoires se déroulent à l’intérieur du pays. Dans l’un ou l’autre cas il y a des dispositifs de lutte qui sont mis en place pour gérer et prévenir les risques de traite et autres formes de maltraitance faite aux mineurs. Les observations montent qu’en dépit du dispositif mis en place pour « lutter contre » la traite des mineurs ces derniers continuent de partir en nombre important pour travailler dans d’autres milieux que leurs milieux d’origine. Notre proposition vise à faire une dissection socio-anthropologique des trajectoires des mineurs qui vont travailler dans les champs de coton dans le nord-est du Bénin. Elle permettra d’offrir aux institutions qui s’investissent dans ce champ d’action une vue précise des dynamiques qui traversent la mobilité des enfants et jeunes et qui limitent l’efficacité de leurs dispositifs de lutte.
