Décollage conceptuel et développement de l’Afrique
Abstract
Mes réflexions sur la problématique du développement de l’Afrique,
m’ont amené à la conviction que le décollage conceptuel de l’Afrique n’est pas
la vraie condition de son développement. Non seulement le décollage conceptuel est un faux problème tant sur le plan philosophique en général, qu’en
épistémologie, ou en philosophie politique ou encore en économie sociale en
particulier. Mais surtout, le développement et l’indépendance de l’Afrique dé-
couleront de la disponibilité et de l’engagement personnel et individuel des
Africains à se prendre en charge. Et se prendre en charge, c’est cultiver le goût
et l’initiative du risque, la confiance en soi et donc aussi en l’autre, la production (par invention propre ou par bricolage, par initiation ou par tricherie des
sciences et des technologies extérieures). Il nous faut dans le procès de la production, travailler aussi à prévenir les problèmes ou plutôt les inconvénients
générés pas les développements des autres et/ou susceptibles de découler de
notre quête du progrès. Et par progrès j’entends la qualité de la vie, la qualité
de l’existence humaine, telle qu’à chaque moment de son évolution, l’homme
ait les moyens de se corriger pour espérer vivre encore et toujours mieux.
Bien évidemment, si nous n’en sommes pas encore là, ce n’est pas parce que
nous ne sommes pas capables de penser ; c’est parce que nous avons refusé
de penser par nous-mêmes et donc pour nous-mêmes ; c’est parce que nous
acceptons que les autres nous obligent à vivre pour eux, i. e. à travailler pour
eux et à penser par eux.
