Restitution and Archaeological Collections in Africa

Abstract

En soulignant les caractéristiques, on peut affirmer que la construction de l'identité dans chaque pays s'appuie généralement sur - et s'accompagne de - la définition de ce qui constitue le "patrimoine" sur son territoire. Sur le continent africain, ce processus n'a pas été uniforme au moment de la proclamation des indépendances, ou du moins il n'a pas toujours suivi la même dynamique. Il est clair que la question du patrimoine est abordée de manière différente selon les périodes. En effet, elle a connu plusieurs phases où l'accent est mis tour à tour sur la magnificence du pouvoir en place, la reconnaissance populaire des symboles qui peuvent témoigner de l'unité nationale. Depuis une vingtaine d'années, les Etats, forts de leurs acquis depuis l'indépendance, et parallèlement à la création de nouveaux emblèmes, ont adopté, à l'égard de leurs anciens colonisateurs, une volonté manifeste de récupérer les biens spoliés. Ces objets, sortis du territoire non seulement par les mains des colons mais aussi par des missionnaires ou des amateurs d'art dans des circonstances diverses, deviennent des instruments politiques capables de rassembler l'opinion publique. Ainsi, la restitution de biens patrimoniaux africains, exposés dans des musées étrangers, à leur pays d'origine, revient à récupérer - et (re)découvrir concrètement - une part de l'identité communautaire que l'on croyait à jamais perdue. Ce processus qui, à travers la composante culturelle, redessine en fait l'équilibre entre les pays du Nord et du Sud. Le Bénin s'érige en modèle dans la mise en œuvre de stratégies patrimoniales basées sur le retour des biens, leur conservation et leur valorisation in situ. D'autres pays lui emboîtent le pas.

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