Variabilité des utilisations de Diospyros mespiliformis Hochst. suivant les facteurs sociodémographiques au Nord-Bénin
Loading...
Date
Journal Title
Journal ISSN
Volume Title
Publisher
Abstract
Diospyros mespiliformis est une espèce
d’arbre très peu étudiée malgré son importance pour les communautés locales au
Bénin. Cette étude a évalué la variabilité
des usages de l’espèce et de ses organes
suivant les facteurs sociodémographiques
(la provenance, les catégories socioculturelles, le sexe, l’âge et la profession
des utilisateurs). Une enquête auprès
de 233 participants a été réalisée dans
les communes de Tchaourou, Sinendé et
Bembèrèkè. La fréquence de citation, les
usages rapportés et l’indice d’importance
des organes de l’espèce ont été calculés. Des analyses de la covariance sur
les usages totaux rapportés ont été réalisées afin d’évaluer les déterminants des
usages de l’espèce. Des analyses en composantes principales ont été effectuées
afin de caractériser les usages, suivant
les déterminants des usages de l’espèce.
Les résultats ont révélé que le sexe, l’âge
et la provenance socioculturelle (P < 0,05)
ont déterminé les usages dans la zone
d’étude. Les hommes adultes ont eu plus
d’intérêt pour l’espèce. Les Peuhls de
Tchaourou et les Bariba de Sinendé ont utilisé davantage l’espèce comme bois énergie et bois d’œuvre. Les Bariba de Tchaourou, de Sinendé et les Peuhls de Sinendé
sont plus intéressés par l’espèce pour
des usages alimentaires, le fourrage et la
pharmacopée. L’utilisation des organes
est déterminée par l’âge et les interactions
provenance-profession-âge (P < 0,05). Les
racines et les écorces sont les parties les
plus appréciées par les adultes et les personnes âgées. Les éleveurs, en général, et
les agriculteurs de Tchaourou sont particulièrement intéressés par les racines, les
tiges et les noix de l’espèce. Les agriculteurs de Bembèrèkè et les commerçants
de Sinendé et de Bembèrèkè sont, quant
à eux, plus enclins à l’usage des écorces.
Par ailleurs, les usages de l’espèce en tant
que bois et fourrage ont affecté négativement (P < 0,000) son usage alimentaire.
Ces résultats sont à prendre en compte
pour une stratégie de valorisation et de
conservation durable de l’espèce.
