Bain au bébé dans la société béninoise : marque, identité, bien-être/mal-être
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Le nouveau-né et le nourrisson noirs africains sont lavés avec beaucoup de soins et de délicatesse, de façon quasi ritualisée. L’objectif de cette étude est de recenser des éléments de compréhension du bain et du modelage du corps du nouveau-né et du nourrisson au 1er trimestre de vie. Méthode : l’étude a été réalisée à propos des enfants âgés de 0 à 3 mois, issus de 150 familles de diverses cultures sur tout le territoire béninois ; le choix a été aléatoire au départ, à partir des registres de naissance des maternités publiques des départements, puis avec 52 accompagnatrices en consultation. Résultats : les laveuses ont déclaré exécuter une stratégie ancienne imposée par la société ; l’étude a révélé une fréquence de 2 grands bains par jour par enfant, investiguant la tête, le visage, le thorax, les diverses articulations, les orifices naturels, les organes génitaux, les fesses, le mollet, les membres. Le corps est modelé/manipulé, étiré, reçoit des massages-pressions mi-doux, mi-fermes à l’aide de chiffon humide tiède, est projeté, massé finement à la pommade. Discussion-conclusion : les gestes répondent à un concept particulier du rôle des diverses parties du corps, en référence aux représentations socio culturelles des fonctions vitales, sociales ou de beauté de chaque partie ; ils impriment du plaisir et des désagréments. Le bain constitue un support d’accompagnement à la vie et pour la vie. Il permet de montrer le chemin vers le père et l’inscription dans la lignée, un lien vers le sacré, le spirituel, un socle pour le maternage, un élément de bien-être, mais aussi de mal-être à un niveau ou à un autre.
