LA POLITIQUE AGRICOLE COLONIALE AU DAHOMEY : 1894-1960

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Au XIXème siècle, la France métropolitaine rechercha au Dahomey, comme dans toutes ses possessions agricoles d’Afrique Occidentale et Equatoriale, les matières premières et les débouchés nécessaires pour ses industries naissantes. Ainsi, au lieu d’impulser une agriculture performante gage d’un véritable décollage économique pour cette colonie, elle mit plutôt tout en oeuvre pour exploiter sa palmeraie traditionnelle jusqu’en 1960. Le présent article tâche de montrer que la monoproduction d’exportation à laquelle la colonie du Dahomey fut soumise pendant plus d’un demi-siècle explique, à bien des égards, l’incapacité du pays à se servir de l’agriculture comme levier de son développement économique à l’indépendance. Les sources et ressources bibliographiques exploitées offrent des informations traitées selon les approches quantitatives et qualitatives pour aboutir à trois résultats. D’abord, l’exploitation à moindre coût des dérivés du palmier à huile a porté un coup dur à l’économie agricole de la colonie entre 1894 et 1946. Ensuite, les 2,4 milliards de F CFA injectés dans l’agriculture dahoméenne sur les 9,9 milliards de F CFA affectés au développement de toute la colonie entre 1946 et 1960 renforça la colonie dans la monoproduction et la mono-exportation des dérivés de cette plante oléagineuse jusqu’à l’indépendance. Enfin, l’étouffement de la bourgeoisie locale en gestation, par l’administration coloniale, inhiba l’initiative privée indispensable au développement économique de tout pays.

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