IMF Et Pouvoir de Création Monétaire des Banques : Mise en Evidence du Free Lunch et Application dans l’UEMOA
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Dans ce papier, nous revisitons le cadre d’analyse traditionnel du multiplicateur monétaire lorsque le système financier est segmenté avec le développement de la micro intermédiation financière des Institutions de Microfinance (IMF). Nous montrons que la préférence des agents pour les billets est une fonction indirecte non seulement du taux d’intérêt créditeur bancaire, mais aussi de celui de l’IMF ; de même, la relation inverse entre le taux d’intérêt débiteur et la masse monétaire valide la théorie de la régulation indirecte de la liquidité dans un tel système financier. En lien avec la définition du multiplicateur monétaire ainsi endogénéisé, nous montrons théoriquement que, si les agents non financiers expriment une préférence pour les dépôts décentralisés, le multiplicateur augmenté qui en résulte, est supérieur au multiplicateur traditionnel : ainsi, l’activité d’intermédiation et de transformation financières de l’IMF amplifie le pouvoir de création monétaire des banques. Nous concluons qu’il y a un free lunch associé à cette activité des IMF dans un système financier segmenté, lequel croît avec le taux de transformation de l’IMF et la préférence des agents pour les dépôts décentralisés. Pour différentes valeurs du paramètre de préférence, une série de simulations a permis de mettre en évidence empirique ce free lunch pour l’ensemble des pays de l’UEMOA, appelant un mécanisme d’amplification du pouvoir de création monétaire des banques commerciales dans l’espace. Pour tirer bénéfice de cet avantage gratuit, la promotion des relations de complémentarité entre le secteur bancaire et le secteur des IMF devient pertinente dans le cadre des politiques d’articulation à implémenter par la banque centrale.
