Pourquoi le baatɔnum éjecte-t-il certains ethnonymes de la classe des humains ?
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Le baatɔnum (bariba), une langue à classes nominales parlée au Bénin et au Nigeria, déclasse certains ethnonymes de la classe W des humains à la classe G qui ne contient pas des êtres humains. Cela se manifeste généralement par l’utilisation du déterminant ge de la classe G postposé à ces noms au lieu du déterminant wi correspondant à la classe des humains. Certains locuteurs estiment qu’il s’agit d’une chosification, s’appuyant notamment sur les rapports conflictuels qui ont existé entre les groupes sociolinguistiques concernés et les Baatɔmbu. Cet article démontre que le déclassement n’est en rien motivé par une intention de chosification mais plutôt par le respect d’une règle linguistique. L’observation des ethnonymes déclassés, collectés principalement auprès de vieux locuteurs natifs du baatɔnum, montre en effet qu’ils sont tous terminés par des voyelles postérieures tout comme les 98,59% des noms de la classe G dans laquelle ils sont intégrés. Le papier souligne que si la langue ne discrimine pas, les représentations sociales qu’elle suscite ne doivent pas pour autant être prises à la légère, surtout que certains locuteurs peuvent détourner ce processus linguistique naturel à des fins dégradantes de discrimination. Par conséquent, il importe de réformer cette règle en imposant aux locuteurs d’inclure systématiquement tous les ethnonymes dans la classe des humains sans exception.
