Le fait politique: Réflexions à partir de Machiavel, penseur de l'égoïsme collectif
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Autant Aristote admet la discrimination entre faits pour aboutir au fait
scientifique, autant pensons-nous que tout fait n’est pas politique. En effet, le fait
politique est lié à la communauté politique ; trouve son essence dans l’esprit du
contrat social tel envisagé par Hobbes et Montesquieu. Tout fait politique répond
aux exigences de la survie du corps politique. C’est en cela seulement qu’il
devient politique. Le politikos sous-entend l’ensemble de la cité. C’est la
pluralité qui définit alors le fait politique. L’univers du collectivisme est son
domaine de définition. Et dans la conquête du pouvoir et dans sa gestion, le fait
politique découle d’une certaine rationalité dont l’ancrage demeure
inconcevable hors de l’esprit du bien commun. Il est donc à différencier des
menées propres à la conquête du pouvoir. Machiavel, se posant comme un
penseur de l’Etat, définit l’égoïsme collectif comme le fond du fait politique qui
conduit Machiavel sur le chemin du bien commun. Dans sa pensée, l’Etat revêt
une certaine sacralité. C’est de la sauvegarde et l’effort d’assurer la pérennité
de cette sacralité que se dégage le fait politique.
