Community perceptions of the risk factors of maternal and child malnutrition in the district of Zè, Benin
Abstract
Introduction: Lutter contre la malnutrition nécessite inévitablement une bonne compréhension de ses causes. Cette étude vise
principalement à comprendre les perceptions communautaires de deux facteurs de risque majeurs de la malnutrition par
carence chez les mères et les enfants dans la commune de Zè, Bénin.
Méthodologie: C’est une étude transversale qui a associé des méthodes quantitatives et qualitatives. Elle s'est déroulée dans
le village de Domè-Sèko dans la commune de Zè et a porté sur 64 couples de mères et d’enfants âgés de 6 à 59 mois. Des
données ont été collectées par questionnaire sur le niveau d’insécurité alimentaire des ménages et la diversité alimentaire des
mères et des enfants. Leur état nutritionnel a été évalué par anthropométrie. Huit séances de discussion de groupe ont été
organisées, séparément, avec des hommes actifs, des hommes âgés, des femmes en âge de procréer et des femmes âgées,
sélectionnés par convenance. L’association de l’état nutritionnel des mères ou celui des enfants avec la diversité alimentaire
et la sécurité alimentaire des ménages a été testée par régression linéaire simple. Les données qualitatives ont été classées par
catégorie de participants des discussions de groupe, codées à l’aide du logiciel NVIVO, et utilisées pour expliquer les résultats
quantitatifs.
Résultats: L'émaciation, l'insuffisance pondérale et le retard de croissance touchaient respectivement 6,3%, 18,8% et 57,8%
des enfants. La prévalence du déficit énergétique chronique était de 9% chez les mères et 13% étaient en surpoids ou obèses.
Seuls 21% des enfants de 6 à 23 mois avaient atteint la diversité alimentaire minimale et 15%, le régime alimentaire minimum
acceptable. Le score moyen de diversité alimentaire chez les mères et les enfants de 24 à 59 mois était de 5 ± 1 parmi 14
groupes d'aliments. L'insécurité alimentaire était présente dans 80% des ménages et 53% étaient sévèrement affectés. Outre
la faible diversification de l’alimentation, les discussions de groupe ont identifié la faible contribution des hommes à l’approvisionnement alimentaire des ménages, l’assainissement médiocre du milieu de vie, l’utilisation insuffisante des services
de santé, en raison de certaines croyances culturelles et d’un mauvais accueil des agents, comme facteurs de risque principaux
de la sous-nutrition maternelle et infantile.
Conclusion: La commune de Zè demeure très désavantagée malgré de nombreuses interventions nutritionnelles. Au-delà des
données quantitatives, les perceptions de la communauté ont permis de mieux comprendre les facteurs de risque de la malnutrition maternelle et infantile spécifiques au contexte, ce qui contribuera à affiner les stratégies d’intervention par une
approche plus participative.
