Les migrations ouest africaines et les petits métiers de rue à Cotonou.
Abstract
Le présent article présente les premiers résultats d’une recherche sur les relations entre l’immigration ouest-africaine et le développement des métiers de la rue.
A l'instar des autres Etats de l'Afrique de l'Ouest et en raison de son histoire et de sa géographique (position charnière entre les régions soudaniennes et côtières), le Bénin accueille des dizaines de milliers d'immigrés qui vivent pour la plupart dans la clandestinité. Souvent sans qualification, ils se livrent à toute sorte d'activités pour survivre. L’arrivée des ressortissants de l’Afrique de l’Ouest et l'essor des petits métiers de rue s'expliquent par deux types de facteurs. D’abord la périurbanisation qui offre aux immigrés des quartiers périurbains populeux, donc populaires. Le caractère dense voire fermé de ces quartiers permet aux étrangers de se "fondre" facilement dans la masse des autochtones et d'échapper au fisc et au service de l'immigration. Ces quartiers périurbains permettent aux néo-citadins de se ‘’retremper’’ dans une ambiance ethnique, de se "refaire le moral" et de reconstituer leur force avant d'aller à l’assaut" de la ville. A un autre niveau, l'immigration des ressortissants ouest-africains et l’essor du secteur informel dans la ville de Cotonou est sous-tendue par la coexistence de monnaies convertibles de la zone franc et celles non convertibles.
