LA GRAMMAIRE DE MOBILISATION DE LA LANGUE FRANCOPHONE DE RECHERCHE
Abstract
Les défis scientifiques de réflexion sur les savoirs et savoirs faires endogènes se posent en termes épistémologiques. Le français photographie les réalités culturelles de la société française, alors que dans les modes de production africains, les langues nationales enchâssent dans leurs systèm.es linguistiques les structures anthropologiques de pensée dont la saisie en français n'est pas évidente. Déjà, Niangoran-Bouah, anthropologue ivoirien prévenait son auditoire qu'il parle
« africamment », pour fonder le recours au langage du Tambour parleur Akan; et il s'autorisait de ce postulat, pour mobiliser le discours en langue akan de Côte d'Ivoire, qu'il se faisait fort d'exprimer à l'attention de ses auditeurs. Nous avons, à notre tour, émis le postulat de l'invention de la Langue Francophone de Recherche pour signifier, qu'en tant que chercheur, nous utilisions le français comme outil pour rendre compte des faits sociaux béninois. Cela a nécessité l'hypothèse fondatrice de considérer les mots dans les langues béninoises comme des concepts opératoires, supports de toute recherche dans les formations sociales et économiques béninoises. Quelles peuvent alors être, et la grammaire de mobilisation de cette heuristie épistémologique, et ses conséquences dans la conduite de la réflexion scientifique ?
