DISTRIBUTION DES RESIDUS DE FER ETDE MANGANESE LE LONG DE LACOLONNE D’UNE RETENUE D’EAU EN COURS D’EUTROPHISATION : CAS DU BARRAGE DE L’OKPARAAPARAKOU AU BENIN
Loading...
Date
Journal Title
Journal ISSN
Volume Title
Publisher
Abstract
La retenue d’eau de l’Okpara est la source utilisée par la SONEB (Société Nationale des Eaux du Bénin) pour alimenter en eau potable la ville de Parakou et ses contrées environnantes. Ce plan d’eau, d’une profondeur variable de 4,5 à 8 mètres selon les saisons, est situé au nord du Bénin sous un climat tropical sec et présente des signes d’eutrophisation notamment la prolifération exponentielle de macrophytes aquatiques et la présence de fer et de manganèse; lesquels métaux rendent parfois difficile le traitement de l’eau brute pour produire de l’eau potable. Cette eutrophisation est due à la pratique de culture intensive de coton dans le sous bassin versant de cette retenue consommant d’importantes quantités d’engrais chimiques. La présente étude a été menée durant la période allant de 2003 à 2006. Les campagnes de prélèvements d’eau et de mesures physico-chimiques ont été effectuées autour de l’ouvrage de prise d’eau brute où la colonne d’eau est la plus profonde. Les teneurs de fer et de manganèse ont été mesurées par spectrophotométrie d’absorption UV Visible aux longueurs d’onde respectives de 510 et 436 nm. En période de basses eaux, des accroissements concomitants des concentrations des deux métaux ont été observés de la surface vers le fond de la retenue, pendant que décroissaient les teneurs de l’oxygène dissous. Les faibles valeurs du pH et de l’alcalinité de l’eau au niveau de l’hypolimnion caractérisé par de fortes concentrations en fer et en manganèse et une absence quasi-totale de l’oxygène dissous pendant la saison sèche font conclure à une prédominance des formes dissoutes du fer et du manganèse dans la colonne d’eau au contact des sédiments. Par contre, en saison de hautes eaux, les teneurs des deux métaux sont faibles et uniformément réparties de l’épilimnion à l’hypolimnion sous les formes oxydées. En outre, il a été noté une augmentation continue des taux de fer et de manganèse à la surface de l’eau d’année en année, due à un possible relargage des métaux de sources endogènes et qui se traduit par une forte poussée de plantes aquatiques envahissant l’ensemble de la retenue. Ainsi, les altérations régulières et répétées des propriétés organoleptiques de l’eau de la retenue engendrées par les phénomènes décrits ont longtemps fait peser de graves soupçons sur la qualité de l’eau distribuée par la SONEB aux populations de Parakou. Grâce aux résultats de la présente étude, la situation a pu être contrôlée en suggérant entre autres solutions, l’enlèvement des plantes aquatiques pour réduire leurs interactions potentielles avec les métaux, ainsi que l’installation d’une pompe flottante de type hydro mobile dont la fonction est de prélever en permanence l’eau brute à un niveau proche de l’interface eau-atmosphère.
