Une technique traditionnelle de métallurgie au Nord-Bénin : la soudure à sec chez les Tammariba de l’Atakora
Abstract
Peuple d’agriculteurs établis dans l’Atakora depuis des temps anciens, les TAMMARIBA, qui vivent dans un environnement pédologique peu favorable, ont su se doter des méthodes et techniques culturales leur permettant de tirer de terres plutôt ingrates les ressources nécessaires à leur subsistance. Associant exploitations fixes et cultures itinérantes, ils utilisent un outillage adapté à la nature des sols, souvent lessivés et rocailleux, dont la houe de labour demeure la principale composante.
Outil-symbole de l’homme tammari initié, cette houe appelée dikãã, présente la particularité, unique dans le monde rural de l’Atakora, d’être faite de deux pièces soudées entre elles à leurs extrémités latérales. En effet, pour remédier à l’usure rapide de cet outil indispensable pour les travaux agricoles, les forgerons tammariba ont su mettre au point une technique de soudure à sec permettant de renouveler périodiquement la pièce inférieure de dikãã, celle-là même qui entre en contact direct avec la terre lors des labours.
Inspirée du travail ancestral de la fonte, cette technique, outre son originalité, demeure une affaire de spécialistes. Elle requiert en effet une certaine habileté et repose sur l’usage d’un matériel approprié et d’un combustible spécifique (charbon d’essences végétales à haute teneur calorifique que sont Uapaca togoensis et Erythrophleum africanum). Elle témoigne de la capacité des sociétés traditionnelles à maîtriser la métallurgie du fer.
