Etude de la possibilité d’utilisation du rônier comme armature dans les éléments en Béton : cas des poutres
Loading...
Date
Journal Title
Journal ISSN
Volume Title
Publisher
Abstract
Malgré les nombreux atouts que présente le bois de rônier, aucun travail n’a porté sur son utilisation comme armature dans les éléments en béton. En effet les résultats issus de l’étude des caractéristiques physiques et mécaniques du rônier sont très intéressants et permettent d’envisager son utilisation éventuelle dans le béton comme armature végétale.
Sur la base des essais effectués, on peut dire que :
Les courbes effort-flèche avant l’apparition de la première fissure (rupture du béton) se superposent bien pour une même catégorie de poutre et présentent la même allure d’une catégorie à une autre ; ce qui montre que le matériau composite béton-rônier a un comportement analogue à celui connu des matériaux usuels. Toutefois, ces courbes présentent deux zones : une première zone linéaire, étroite, se référant au domaine de déformation élastique du matériau composite et une deuxième zone, plus large, se référant au domaine de déformation plastique et qui a la particularité d’être quasiment linéaire. Cette particularité peut se justifier par la différence de résistance entre les deux matériaux : le béton enregistre déjà des déformations permanentes alors que le bois est encore dans le domaine de déformation élastique.
L’analyse des valeurs moyennes comparées des charges de première fissuration et de rupture montre que la rigidité des poutres armées de rônier à surfaces crénelées (98,80 KN/mm) est plus forte que celle des poutres armées de rônier à surface de contact lisses (71,78 KN/mm). Cela révèle que la présence des crénelures sur l’armature a amélioré de 37,42% la rigidité des poutres. L’utilisation du bitume chaud sur des armatures lisses entraine une baisse de rigidité des poutres de 70% alors que sur des armatures crénelées, elle entraine une augmentation de rigidité de 18,60%.
Par ailleurs, la valeur de la charge de rupture des poutres armées de rônier à surfaces de contact crénelées non recouvertes de bitume (55,46KN) et celle des poutres armées de rônier à surface de contact crénelées recouvertes de bitume (55,1KN), sont très proches. Cela montre qu’en présence des crénelures, le bitume chaud qui ici est un facteur défavorable, n’a pas d’effet sur la capacité portante des poutres. Les crénelures améliorent donc très bien l’adhérence entre les deux matériaux. Ce résultat corrobore bien celui de Kawaï (2001) cité par Blackburn (2004). Même si la valeur de la charge de rupture des poutres avec armatures lisses non recouvertes de bitume n’est pas très éloignée de celle des poutres avec armatures crénelées, ce n’est qu’une situation éphémère. D’autre part, les poutres avec armatures en acier ont une charge de rupture (40,88KN) environ deux fois plus grande que celle des poutres non armées (19,33KN), tandis que celle des poutres avec armatures en rônier crénelées non recouvertes de bitume (55,46KN) est presque trois fois supérieure à cette dernière. Une section d’armatures acier résiste quatre fois plus que la même section en rônier (avec crénelures). En conclusion, le bois de rônier peut tenir lieu d’armature dans les éléments faiblement chargés.
