Superposition des légitimités, extraversion comportementale et dérèglement social autour du lac Ahémé (Bénin)
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Depuis la colonisation, l’étatisation de la gestion des ressources naturelles semble
s’imposer comme le principal mode de gouvernance dans les pays africains. Ce processus a été
renforcé avec l’accession à l’indépendance des jeunes Etats, qui voyaient dans ce mode de gestion,
la meilleure manière d’éviter leur exploitation abusive et « tragique » (Hardin, 1968). Ainsi,
plusieurs ressources naturelles, qui étaient autrefois gérées par les communautés locales grâce à
des règles et arrangements institutionnels d’une originalité certaine, vont passer sous la coupole
des Etats modernes, caractérisés par une extraversion tant au niveau individuel, qu’institutionnel,
de même qu’au niveau des normes et règles à appliquer à ces ressources.
Le but de la présente recherche est d’analyser les changements intervenant dans les pratiques des
acteurs de la pêche du fait des mutations survenues dans la gouvernance du lac Ahémé. La
démarche méthodologique est basée sur la recherche documentaire et les enquêtes de terrain pour
la collecte des données d’une part et l’usage des modèles SWOT et PEIR pour les analyses d’autre
part.
Les résultats obtenus font état d’une situation de double extraversion qui constitue une nouvelle
caractéristique des sociétés africaines : l’extraversion politique au niveau de l’Etat et l’extraversion
religieuse au niveau des comportements des individus. Cette double extraversion affaiblit le
contrôle social et favorise toutes sortes de déviance dans l’exploitation du lac Ahémé.
