MARCHE DU TRAVAIL DES MIGRANTS ET FACTEURS DE RETENTION EN ZONES COTONNIERES DE LA COTE D’IVOIRE ET DU BENIN

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Le marché du travail des migrants en Côte d’Ivoire et au Bénin est analysé dans une approche genre. La démarche compréhensive des récits migratoires et du système de rémunération agricole a permis de réaliser la typologie des migrants en zones cotonnières des deux pays africains de la zone franc. L’analyse des résultats a mis en lumière que les migrations agricoles constituent les principaux facteurs de mutation dans l’agriculture familiale. Cette mutation est caractérisée par uneévolution de la main d’œuvre familiale vers le salariat agricole permanent et occasionnel. Cette agriculture patronale est caractérisée par la forte prégnance de ces deux types de main-d’œuvre rémunérée à prédominance migratoire. Au Bénin et en Côte d’Ivoire, les migrants contractuels dans les exploitations cotonnières perçoivent entre 120.000 et 140.000 F CFA en fonction des tâches contenues dans les clauses qui lient les deux parties. Ces contrats souvent verbaux sont très précaires et exposent les ouvriers agricoles migrants à des risques d’abus divers de la part des employeurs. Toutefois, les femmes migrantes qui réinvestissent les capitaux issus des premières années de salariat deviennent plus tard des créancières en plaçant ces capitaux comme crédit de trésorerie au niveau des employeurs. Les taux usuraires de ces crédits leur permettent de s’enrichir et de changer de statut tant dans le milieu d’accueil que dans celui d’origine. Cette observation bouleverse la construction théorique qui postule la vulnérabilité structurelle des femmes en situation de migration agricole.

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