Pression foncière et occupation des espaces marécageux dans la commune de Seme-Kpodji au Sud-Est du Benin

Abstract

A partir d'une méthodologie mixte, quantitative et qualitative, le présent chapitre tente d'analyser les déterminants et les implications liés à l'occupation et le lotissement des espaces marécageux de la commune de Sèmè-Podji. Il ressort des analyses que la croissance démographique et l'extension des villes de Cotonou et de Porto-Novo ont occasionné la ruée, à travers l'achat, vers des terres peu propices à l'habitat dans la commune de Sèmè-Kpodji. Ces terrains marécageux occupés et lotis à hauteur d'environ 40% par les autorités politico-administratives locales ont été remblayés à l'aide de sable marin et des ordures ménagères aux fins d'accueillir des constructions de toute nature. Cette production de terrains marécageux formalisée par le lotissement s'inscrit pour les autorités communales dans une logique de jeu d'intérêt opportuniste et d'apprentissage d'une gestion spatiale adaptée et contextualisée. Pour les habitants en revanche, il s'agit d'une quête du droit à la ville entendu ici comme "droit à un chez-soi". Ces modes d'occupation des marais et des chenaux naturels empêchent la circulation normale de l'eau ainsi que la mise en valeur des marécages à des fins agricoles. Ils génèrent de ce fait, des inondations fréquentes et la recrudescence des maladies hydriques que subissent 53 % des ménages dues au comblement des marécages qui doivent accueillir les eaux, mais aussi à l'imperméabilité des sols dont 21 % des ménages ont fait cas et aux crues du lacs Nokoué qui dérange 26 % des informateurs. Ce non-respect des règles d’accès et des normes en matière de lotissement et d’urbanisme entrave le développement urbain durable tant prôné par les politiques publiques et relayées à l’échelle locale par les autorités politico-administratives de Sèmè-Kpodji.

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