LE RHEOSTAT LINGUISTIQUE DU VODUN A L’INFLATION MONETAIRE DES RELATIONS DE SERVICE HUMAINES
Abstract
Dans les sociétés béninoises, de nos jours, le service à autrui est fortement médiatisé par l’argent, même là où ce dernier n’a pas sa place ; à ce moment social, les relations humaines sont monétarisées. Une perversion du rapport à autrui s'installe là où les parlers langagiers enregistrent au sein de la structure des groupes culturels le rhéostat des codes, des lois de gestion de la société incluant les énoncés et les vodun. Il s'agit ici d'étudier les modulations linguistiques, que les relations humaines dans une société contraculturée ont inventées pour circonscrire les perversions de l'argent. L'approche pragmatique nous a permis d’appréhender les préventions ou organisations des relations en dehors ou dans les limites autorisées de l' inflation monétaire. Ainsi, avons-nous effectué d'abord, des enquêtes de terrain à Lokossa, Azovè, à Djougou et environs, et ensuite, des entretiens de groupe avec des agents municipaux. Nous avons pu regrouper des schèmes de pensée sur l' argent d' une part, et recueillir des cas d'illustration de ce phénomène, d'autre part. II s'ensuit alors que le "GƆrƆ" à Djougou, par exemple est une structure culturelle de remerciement du service public mais après que le service soit rendu. On observe donc un espace socio logique et anthropologique à deux variantes : l'une décentralisée publique où l'argent est un référent obligatoire de reconnaissance ; et l'autre culturelle où l'argent est ramené à sa fonction fortement symbolique, et non monétaire. Ces résultats par triangulation, sont extensibles à tous les autres groupes culturels inclus dans l'échantillon investigué.
