Restitution des biens culturels au Bénin : quels défis pour la production du savoir et la création plastique ?
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Il y a quelques années, j’ai voulu appréhender les relations entre le patrimoine et la
création contemporaine en Afrique (Tchibozo, 2018a). La problématique centrale de
ce sondage était de comprendre les sources auxquelles les artistes allaient puiser
leurs inspirations pour produire, en l’absence de leur patrimoine dispersé à travers le
monde, et si, malgré tout, on pourrait y lire des symptômes de résilience. Depuis, la
situation a sensiblement évolué. Des réclamations de biens culturels, nous en sommes
concrètement à la restitution aux autorités du Bénin de certaines oeuvres, certes, encore
symboliques. Cette transformation des relations internationales aussi brusque
qu’encore indéchiffrable dans certains de ses aspects suscite beaucoup d’émois à
la découverte, pour certains, des talents de leurs ancêtres. La première grande exposition,
Art du Bénin d’hier à aujourd’hui, de la restitution à la révélation, organisée par
le gouvernement du Bénin dans le but d’intégrer définitivement ces oeuvres au patrimoine
national et pour éviter les débordements communautaristes ultérieurs, est le
champ d’expression de ces émotions. Elle participe aussi à raviver les souvenirs d’un
passé colonial peu élogieux et, contribue fortement à amorcer la formalisation d’un
destin commun, mais il faut se rendre compte que ce ne sera pas une tâche facile.
