L’Etat en Afrique noire : de 1200 à nos jours

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Peut-on encore débattre de l’idée de l’Etat en Afrique de nos jours ? Existe-t-il réellement un Etat africain ? Ces questions qui ne manquent pas d’intérêt depuis toujours traduisent les réalités auxquelles l’Etat est confronté sur un continent dominé par la vie communautaire. L’Etat se définit comme une organisation politique exprimant une unité et une puissance absolue pour la défense des intérêts de ceux qui le constituent selon la thèse défendue par Hegel et Carré de Malberg. L’Etat en Afrique est caractérisé par une coexistence de peuples sur un territoire déterminé, coexistence qui semble évoluer au fil du temps. Ainsi, la période pré-coloniale révèle l’idée d’un Etat africain assimilé au royaume ou à l’empire. On pourrait parler de l’Etat yoruba du Bénin pour désigner le royaume de Kétou, de l’Etat aboméen pour se rappeler le royaume d’Abomey ou de l’Etat songhai pour se référer à l’empire Songhai. Dans le cours de l’histoire, l’Etat africain traditionnel s’est confronté à un Etat envahisseur par le fait de la colonisation. Ainsi germe l’idée d’Etat colonial permettant à la puissance coloniale de gérer le statut et la vie des colonisés. La vie des colonisés étant très différente de celles des colons malgré toutes les tentatives d’uniformisation de la colonie à la métropole, l’on devrait s’attendre à une libération du noir dont les revendications, sont devenues sans cesse répétées et d’une intensité pugnace. Dans un premier temps, on avait cru que la gestion des affaires publiques par les dirigeants noirs pouvait être une panacée et on craignait que la direction de la colonie par la métropole, maintînt pendant longtemps la domination. Loin s’en faut. Une fois aux commandes de la destinée de la colonie devenue Etat indépendant, ils ont nationalisé le droit colonial sous le conseil de leur ancien maître. Mais ils étaient loin d’imaginer les exigences de cette identification au droit colonial qui requiert une gestion méthodique de la pensée plurielle, une compétition parfois dépourvue de morale dans les relations internationales entre Etats et une rivalité idéologique, entre l’école de l’économie de marché et celle de l’économie dirigiste. Ne pouvant pas se tirer d’affaires, les nouveaux Etats africains ont opté pour la plupart pour le socialisme avec des adaptations variées par endroits. Au fil du temps, les difficultés politiques, économiques et sociales ont eu raison des Etats au point de les contraindre à changer leur option idéologique par le vent de la démocratisation, le renforcement de la démocratie et de l’Etat de droit, le respect des droits de l’homme, la justice raisonnable, prévisible et équitable. Après plusieurs décennies de pratique démocratique, l’Etat africain est confronté aux problèmes de développement ou de construction des espaces de bien-être social. L’Afrique attend depuis longtemps sa propre thérapie de ses intellectuels pour amorcer son réel développement. Là réside la vraie question.

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