Étude de référence du projet "Insects as feed in West Africa"
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Bibliothèque Nationale (BN) du Bénin
Abstract
L’étude de référence a été initiée dans le but de fournir des éléments technico-économiques
pertinents qui caractérisent les conditions actuelles de l’aviculture traditionnelle au Bénin.
L’objectif de l’étudea été d’établir la situation ex-ante, avant la diffusion et l’adoption des
technologies développées par le projet « Insects as Feed in West Africa » (IFWA) des
aviculteurs, indispensable à l’évaluationdes effets et impacts dans le moyen et long terme.
L’approche des doubles différences a été utilisée pour la collecte de données auprès de
deux groupes d’aviculteurs (bénéficiaires et non bénéficiaires du projet) dans quatre villages,
dont deux villages dans la commune d’Aplahoué (Hessouhoué, le village bénéficiaire et
Sinlita, le village non bénéficiaire) et deux villages dans la commune de Boukoumbé
(Koudogou, le village non bénéficiaire et Agbontè, le village bénéficiaire). Au total, 120
aviculteurs traditionnels (dont 60 aviculteurs bénéficiaires du projet IFWA et 60 aviculteurs
ne bénéficiant pas du projet) tirés de manière aléatoire ont été enquêtés, à raison de 30
aviculteurs par village. Les données collectées ont été analysées, des moyennes, des
écarts-types,des fréquences et des pourcentages ont été calculés. Des tests de
comparaison de moyenne et de Chi 2 ont été utilisés pour comparer les caractéristiques
quantitatives et qualitatives entre les groupesd’aviculteurs bénéficiaires et non bénéficiaires
du projet IFWA. Le compte d’exploitation de l’élevage de la volaille traditionnelle a été établi
afin d’estimer le coût de production et la valeur ajoutée réelle tirée de cette activité. Les
résultats ont montré que les deux groupes d’aviculteurs se distinguaient principalement par
l’expérience en aviculture (p=0,0614), la taille des ménages (p=0,0769), les activités
principales (p=0,045) et secondaires (p=0,079) menées, l’accessibilité des villages de
résidence des aviculteurs (p=0,000), l’utilisation d’énergie solaire ou électrique (p=0,002),
etc. En termes de structure, les aviculteurs non bénéficiaires avaient des élevages de grande
taille et employaient plus de ressources (travail, capital, terre et consommations
intermédiaires) dans l’agriculture et l’élevage comparés aux aviculteurs bénéficiaires. La
superficie totale (p=0,0062), la superficie cultivée (p=0,0109) et le nombre de champs
(p=0,0733) distinguaient significativement les deux groupes. Les espèces animales élevées
étaient les bovins, les caprins, les ovins et surtout les volaillescomme les poulets, les
pintades, les canards, les pigeons et les cailles. Les revenus annuels issus de l’agriculture
(p=0,4976), de l’élevage (p=0,3625) ou non agricoles (p=0,4884) ne distinguaient pas
significativement les deux groupes d’aviculteurs. Le revenu agricole annuel des aviculteurs
bénéficiaires a été estimé à 222.227 FCFA contre 223.587 FCFA pour les aviculteurs non
bénéficiaires. Le revenu annuel avicole a été estimé à 18.202 FCFA pour les aviculteurs
bénéficiaires contre 18.484 FCFA pour les aviculteurs non bénéficiaires. L’alimentation était
le principal poste de dépense des aviculteurs.Toutefois, les aviculteurs ne dépensent
réellement pas pour acquérir ces aliments. Les prix de vente moyens d’une tête de volaille
étaient respectivement de 1.638 FCFA et 1.678 FCFA pour les aviculteurs bénéficiaires et
non bénéficiaires. La valeur ajoutée qui se dégageait d’une tête de volaille est de 161,2
FCFA pour les aviculteurs bénéficiaires contre 151,4 FCFA pour les aviculteurs non
bénéficiaires en prenant en compte le coût des aliments. Réellement, la valeur ajoutée d'une
tête de volaille était de 1.568,9 FCFA pour le groupe des bénéficiaires contre 1.574,7 FCFA
pour le groupe des non bénéficiaires. La différence n'était pas significative (p>0,05) au
niveau de ces deux groupes. La Valeur ajoutée annuelle issue de l'élevage de la volaille des
exploitations familiales a été estimée à 38.610 FCFA pour le groupe des bénéficiaires contre
45.100 FCFA pour le groupe des non bénéficiaires. La différence entre ces deux valeurs
n'était pas statistiquement significative (p>0,05). Ces valeurs sont faibles et montrent
effectivement que l'élevage de la volaille villageoise est considéré pratiquement comme une
source secondaire de revenus. Ces valeurs demeurent davantage faibles en prenant en compte les coûts des aliments qui constituent le facteur de production le plus cher.
Seulement près de 8,3% d’aviculteurs bénéficiaires utilisaient déjà les asticots comme
source protéinique pour l’alimentation de la volaille traditionnelle alors qu’aucun aviculteur
non bénéficiaire ne l’utilisait encore. Les termites étaient produites et utilisées par les
aviculteurs des deux groupes. La réduction des coûts de production,l’amélioration de la
qualité nutritionnelle de la viande de poulet etl’amélioration des performances zootechniques
sont les raisons suivantes qui expliquent l’adoption des asticots et termites comme source de
protéines pour l’alimentation de la volaille traditionnelle au Bénin. Les déchets végétaux, les
déjections animales, les sous-produits de transformation agro-artisanale sont produits et sont
valorisés comme engrais organiques et dans la production d’asticots. Pour inciter à une
adoption à grande échelle des asticots comme source protéinique dans l’alimentation de la
volaille traditionnelle au Bénin, une recherche-action sur l’utilisation des asticots et termites
impliquant les aviculteurs et des consommateurs de poulets locaux sont une impérative.
Mots clés: Bénin, volaille traditionnelle, asticots, termites, analyse économique
