Commercialisation de l'essence "kpayo" à Cotonou : déviance ou débrouille
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Pressé Académique Francophones
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Le commerce parallèle de l’essence au Bénin se trouve aujourd’hui à la frontière
de la légalité parce qu’il a épuré les champs de la reconnaissance sociale et de la
légitimité. De quoi parle-t-on et pourquoi il existe et persiste ? La réponse à cette
inquiétude m’a orienté vers 254 acteurs constitués de vendeurs, consommateurs,
gérants de stations-service et autorités politiques sur la base du questionnaire, du
guide d’entretien, de la grille d’observation et s’est appuyé sur des récits de vie.
Au terme, cette thèse offre les arguments, raisons et retrace les trajectoires qui
positionnent ce commerce parallèle en incontournable à Cotonou. La vente de
l’essence "kpayo" satisfait les acteurs sociaux mais bouscule malheureusement les
intérêts des acteurs du secteur formel puis de l’Etat qui a montré ses faiblesses et
limites. Ainsi, cette recherche s’est fondée sur les théories de la débrouille, de
l’informel, de l’individuation et de l’analyse stratégique des acteurs pour
comprendre les dynamiques, les regards, les perceptions et les appréciations des
Béninoise sur les valeurs et contre-valeurs qui ne sont plus étanches. Car à
Cotonou, le vendeur d’essence "kpayo" n’est pas celui qui transgresse la loi, mais
au contraire celui qui se bat pour survivre et combler le vide laissé par la
défaillance du service public. Tout porte à croire qu’il s’agit d’une activité qui est
devenue normale, puisqu’elle ne gêne presque plus personne, ne génère pas un
rejet social, mais plutôt bénéficie d’une caution sociale favorable. Et pourtant,
cette vente est illicite ! Elle ouvre alors la voie à une autre façon de considérer
afin d’associer le secteur parallèle en partenariat pour un développement global
réel.
Mots clés : Commerce, Essence "kpayo", déviance, débrouille, Cotonou.
