Le secteur informel face aux mobilités intra-urbaines forcées : éclairage à partir des opérations de déguerpissement dans la ville de Cotonou

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Les déplacements forcés apparaissent bien souvent comme un moyen pour les pouvoirs publics de rétablir l’ordre urbain dégradé par une occupation illégale des espaces publics. L’objectif de ce travail est d’apporter des éléments d’éclairage sur les impacts de ces opérations sur le secteur informel à partir de la dernière opération de grande envergure de la ville de Cotonou. La méthode de collecte des données utilisée est basée sur la revue documentaire, l’observation in situ, le dénombrement des unités économiques touchées et les enquêtes auprès d’un échantillon de 120 déguerpis issus de 20 corps de métiers. L’utilisation de quelques outils de la statistique descriptive a permis de traiter les données collectées. Les résultats ont montré que les mobilités intra-urbaines forcées engendrent des conséquences extrêmement fortes sur l’économie informelle. Ceci se traduit par une baisse drastique des revenus des petits entrepreneurs de l’ordre de 60 à 85%. Les modalités d’exercice de l’activité s’en trouvent aussi modifiées du fait de l’aggravation du sous-emploi et du rallongement du temps de travail, de la reconversion (20% des enquêtés), de la pluriactivité (passée de 15,2% à 35,4%) et du basculement du plus du tiers des déguerpis du statut de sédentaire ou de semi-sédentaire à celui d’ambulant. Les recettes de la municipalité subissent aussi les contrecoups de la déterritorialisation des petits entrepreneurs. En dépit du choc, plus de 95% des personnes déplacées ont pu se réinsérer au bout du premier trimestre. Ceci confirme la forte résilience du secteur informel face aux chocs économiques.

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