Survie hospitalière de brûlés graves d’une catastrophe au Bénin

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Introduction Suite à la prise d’assaut d’un site d’incinération de vivres avariés par des populations dans une commune du Bénin, un afflux massif de brûlés graves a été observé. Objectif : Analyser la survie des victimes de cette catastrophe. Cadre et méthodes: De nombreuses victimes de la catastrophe survenue à Tori, une commune de département de l’Atlantique au Bénin, ont été transférées dans six centres de santé pour leur prise en charge. Cette étude a été menée dans ces centres de santé. Il s’agissait des hôpitaux de zone de Ouidah, de Calavi, de Menotin, de Suru Léré, de l’hôpital d’Instruction des armées de Cotonou et du Centre National Hospitalier Universitaire de Cotonou. Nous avons mené une étude prospective à visée descriptive et analytique. Les données ont été collectées du 9 septembre au 9 octobre 2016 et concernaient tous les brûlés de ladite catastrophe. Les variables indépendantes sociodémographiques, cliniques et l’évolution des brûlés ont été étudiées. La variable dépendante était le décès. Les probabilités de survie étaient obtenues par la méthode de Kaplan-Meier et l’identification des facteurs associés aux décès des brûlés, par le modèle de cox au seuil de 5%. Résultats: Au total, 89 sujets étaient victimes de la catastrophe de TORI mais 68 d’entre eux étaient effectivement pris en charge dans les centres de santé du sud Bénin. Les hommes représentaient 58,82 % des victimes et les femmes 41,18% (sex-ratio de 1,42). Dix (10) victimes (14,71 %) avaient une surface corporelle brûlée (SCB) d’au moins 60 %. Vingt-cinq (25) patients soit 36,76% présentaient des brûlures de 3è degré et 43 victimes (63,23 %) avaient une brûlure de deuxième degré, dont 40 (58,82 %) profondes et 3 (4,41 %) superficielles. Les faces et cou étaient les plus atteints (35,29 %). On notait 31 cas (45,59 %) de décès après un mois de suivi et la fonction de survie dans cette période variait entre 95,59 % et 55,88 %. Le délai médian des décès était de 6 jours (3 – 10). Les facteurs associés au décès en analyse uni variée étaient : la SCB (p < 0,001), la profondeur de la brûlure (p < 0,001), la localisation aux faces, cou et membres (p = 0,04) et la localisation aux membres thoraciques (p < 0,001). En analyse multivariée, seule la localisation aux membres pelviens (p = 0,017) et la profondeur de la brûlure étaient associés au décès. Conclusion : Dans les conditions de survenue de la brûlure, le taux élevé de décès était prévisible. La SCB, la brûlure des faces et du cou 35,29 %, ont fait le lit du taux élevé de décès. Dans nos pays à ressources limitées, où les centres de référence de grands brûlés inexistent, la mortalité de la brûlure reste élevée dans un contexte de gestion d’afflux massif. La création d’un centre spécialisé pour la prise en charge pourra sans doute optimiser les chances de survie aux brûlures.

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