les pratiques de la gestion durable des terres au Bénin: une analyse sous l'angle du genre

Abstract

La dégradation du sol s’observe à un rythme avancé et ses effets sont très prégnants dans le quotidien des producteurs et productrices. Cette dégradation des sols met l’agriculture familiale et la sécurité alimentaire en péril dans un contexte socio-culturel et agronomique marqué par une organisation sexo spécifique du travail agricole. En se fondant sur une analyse genre des pratiques de gestion durable des terres (GDT), l’étude a révélé qu’une des raisons de la non-application des technologies de GDT était la perception des rôles de genre qui affectent les capacités des femmes et des hommes à investir dans la GDT. Ainsi Les plantes améliorantes sont généralement bien appréciées par les populations, surtout par les femmes, en raison du faible besoin en main-d’œuvre et en équipement. En outre, il existe un rapport étroit entre le mode d’accès à la terre et le choix des pratiques de GDT. Le droit d’accès des femmes à la terre est temporaire et soumis à des éventualités de récupération par les conjoints. Cette situation réduit leurs capacités à appliquer les technologies de GDT telles que les cultures pérennes (plantation des arbres). De plus, les hommes comme les femmes soutiennent que les champs exploités par les femmes sont, plus dégradés que les champs familiaux. Face à cette situation d’insécurité foncière vécue par les femmes et le fait qu’elles disposent de moins de moyens pour l’agriculture (manque de main-d’œuvre, d’équipements, de crédit, de conseils agricoles, etc.), elles préfèrent des pratiques GDT moins coûteuses et physiquement moins éprouvantes.

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