Déprédation des cultures par le singe à ventre rouge (Cercopithecus erythrogaster erythrogaster) à Togbota au Sud-Benin
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Abstract
:L’attaque des cultures par les animaux sauvages en général et les primates en particulier constitue une importante source de conflit hommes-faune autour des aires de conservation qui sape le soutien local aux efforts de conservation. Le singe à ventre rouge (Cercopithecus erythrogaster erythrogaster) est l’une des espèces à la base de ces conflits au Sud-Bénin, il est endémique du Dahomey-Gap, et classé sous-espèce « en danger » par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature. Il vit dans les zones agroforestières du village de Togbota au Sud-Bénin qui abrite une population assez importante de l’espèce. Cette étude vise à (i) répertorier les animaux à la base des conflits hommes-faune dans les champs de Togbota au Sud-Bénin, (ii) identifier les types de cultures les plus attaquées, (iii) évaluer les superficies dégradées dans les différentes zones de cultures et (iv) inventorier les techniques ou méthodes de préservation des cultures appliquées par les populations locales. Des enquêtes semi-structurées ont été exécutées sur un échantillon aléatoire de 40 résidents dans le village de Togbota. Des observations ont été effectuées dans 58 champs pendant 3 mois et les données relatives aux types de cultures sujettes aux dégâts, les animaux sauvages impliqués, l’étendue des dégâts et les méthodes traditionnelles de prévention enrégistrées. Les données ont été analysées sur la base des statistiques descriptives et l’indice d’abondance relative calculé. Les singes (C. e. erythrogaster et C. mona), les insectes, les rongeurs et les oiseaux ont été signalés par les résidents comme étant les animaux responsables des pertes sur les cultures. Parmi eux, 92,5 % ont déclaré que le singe à ventre rouge et le cercopithèque mone sont les animaux qui causent le plus de dommages aux cultures tandis que 7,5 % estiment que le singe à ventre rouge est l’espèce la plus dévastatrice. Les dégats sur les cultures varient de 4,31 à 17,57 % de la superficie totale des champs. L’Incidence Rate du maïs est le plus élevé (0.77) suivi du niébé (0.63) et faible pour le manioc (0.38). La surveillance des champs est la technique la plus utilisée par les agriculteurs tandis que l’utilisation de filets à mailles fines, d’épouvantail et le brûlage de bois morts ou de vieux pneu restent des méthodes secondaires. La délimitation d’une distance entre les champs et reliques forestières ainsi que l’association des techniques d’atténuation sont donc envisageables pour amenuiser les conflits.
