LE DEPUTE, LE PEUPLE ET L’ARGENT : ANALYSE SOCIO- ANTHROPOLOGIQUE DES DETERMINANTS DES DEPENSES POLITIQUES AU BENIN
Abstract
Pourquoi le candidat à une élection législative (ou a toute autre compétition
électorale) est – il obligé de dépenser autant d’argent ? Telle est la principale question
à laquelle répond la présente réflexion. En effet, dans le champ politique, la
participation à une élection nécessite souvent de la part des candidats la mobilisation
d’importantes ressources humaines, financières, matérielles, etc. En Afrique en
particulier, ce sont parfois ces ressources, dont l’importance varie d’un candidat à un autre et en fonction du type d’élection, qui structurent les rapports de force politique sur le terrain. L’arrivée massive ces dernières années de riches hommes d’affaires dans les arènes politiques, montre à quel point le potentiel économique d’un candidat constitue un atout majeur que ce dernier peut utiliser dans la compétition. Plusieurs études et travaux de recherche ont alors mis en exergue les pratiques communes qui ont cours lors des élections dans le continent : clientélisme, corruption, achat du vote citoyen, marchandisation des rapports candidats - électeurs, etc. En d’autres termes, le rôle de l’argent dans la compétition électorale (définie
dans un temps limité) a souvent été au centre des préoccupations des analytes. Ce faisant, ces travaux ne rendent pas suffisamment compte des perceptions et logiques partagées qui mettent l’argent au coeur des rapports quotidiens entre l’élu et le peuple. Ce sont ces rapports sociaux particuliers de tous les jours, leurs coûts pour l’acteur politique, les mécanismes de leur pérennisation et les stratégies de leur mobilisation en période électorale qui nous intéressent dans le présent article. nos analyses se fondent sur des entretiens de type qualitatif menés au bénin auprès des députés et des
communautés à la base.
