Déperdition du capital humain et développement des pays de l’UEMOA : une véritable hémorragie cérébrale

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L’ émigration des personnes très qualifiées de pays en développement a augmenté de manière significative depuis les années 2000 (Banque mondiale, 2003). Considérée comme « une fuite des cerveaux », elle frappe durement l’Afrique et pose un grave problème au développement du continent (UNESCO, 2004). La déperdition du capital humain ou fuite des cerveaux désigne en général l’émigration permanente ou de longue durée de personnes qualifiées auxquelles leur propre société a consacré un investissement considérable en éducation. La littérature traitant de ce problème indique que ce transfert de compétences et de connaissance du pays d’origine au pays hôte constitue une perte grave pour le premier, compte tenu du rôle primordial des ressources humaines qualifiées dans la croissance des pays en développement (UNESCO, 2004 ; OCDE, 2002 ; Corneliuset al., 2001). Mais, d’un point de vue théorique et empirique, on montre également l’existence de gains potentiels (à moyen et long termes) liés à une fuite des cerveaux pour les pays de départ. Le présent article tente d’évaluer l’ampleur et l’effet de la déperdition du capital humain, dans les 8 pays membres de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), sur leur développement économique. S’il est vrai que ce phénomène touche la plupart des pays au monde, dans des domaines divers avec des ampleurs et effets variés, le cas des pays Francophone de l’Afrique de l’Ouest est préoccupant. En effet, il dure déjà plus d’un demi-siècle et les perspectives ne sont pas enthousiasmantes ni pour ce qui est du retour des émigrants hautement qualifiés ou des transferts de technologies. Pour Piyasiri (2002), les pays en développement sont incapables de stopper l’exode des compétences à moins de se développer rapidement ; mais la perte de ces compétences elle-même est un obstacle de taille sur le chemin de la croissance, d’où un cercle vicieux. Lequel ne peut être rompu que par une politique active et des incitations spécifiques. La recherche-développement dans le pays d’origine a été décisive, par exemple, dans le cas de la Corée, de Taïwan et de l’Inde (Ghosh, 2000).

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