Problèmes de rééducation posés par la drépanocytose à Cotonou

Abstract

Les manifestations de la drépanocytose sont polymorphes. Elles sont redoutables de la petite enfance à l’âge adulte. Objectif. Analyser les problèmes de rééducation posés par les patients drépanocytaires. Méthode. Il s’agit d’une étude rétrospective à visée descriptive et analytique portant sur 160 drépanocytaires suivis en rééducation au CNHU de Cotonou de 1998 à 2006. Résultats. L’âge des patients a été de 3 à 73 ans avec un âge moyen de 31 ans ; la prédominance a été féminine (62,5 %), avec une sex-ratio de 0,6. 53,1% ont eu HbAS, 21,3% HbSS, 16,9% HbSC, 8,1% HbAC. Les principales manifestations cliniques observées ont été ischémiques et infectieuses (40%), rhumatologiques (40%) neurologiques (10%). Si les manifestations ischémiques ont été fréquentes chez les trois phénotypes (HbAS, HbSC, HbSS), les neurologiques ont été fréquentes chez les HbSS (p = 4,43.10-3) et les rhumatologiques chez les HbAS (p<10-3). A la fin de la rééducation, des déficiences, incapacités et limitations de participation à type de douleur (43,8%), raideur articulaire (43,8%), parésie musculaire (46,9%), anomalies de la marche (33,1%), amyotrophie (21,2%), raccourcissement du membre pelvien (16,9%), bascule du bassin (6,3%) ont persisté. Conclusion. La drépanocytose s’est révélée comme une pathologie pourvoyeuse de séquelles lourdement invalidantes. Si les manifestations rhumatologiques ne sont pas spécifiques de la drépanocytose, les autres au contraire (nécrose tête fémorale, ostéomyélite, hémiplégie) sont abondamment relatées chez les drépanocytaires dans la littérature. La prise en charge pluridisciplinaire précoce, à défaut de la prévention primaire, paraît être l’approche idéale pouvant réduire la prévalence du handicap dû à la drépanocytose.

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