IMPACTS SOCIOECONOMIQUES DE LA TRANSHUMANCE TRANSFRONTALIERE DANS LA ZONE RIVERAINE DE LA RESERVE DE BIOSPHERE TRANSFRONTALIERE DU W AU NORD-BENIN
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En Afrique subsaharienne, les activités d’élevage ont une importance
économique et socioculturelle indéniable; c’est un élevage extensif
confronté à d’énormes difficultés, notamment l’insuffisance de pâturage.
Le recours à la transhumance devient ainsi une nécessité et, les aires
protégées sont, de plus en plus, convoitées. La réserve de biosphère
transfrontalière du W du Bénin (rbtwb) présente des potentialités pastorales
évidentes. Suite aux grandes sécheresses des années 70-80, les éleveurs
transhumants des pays sahéliens ont commencé à empiéter sur cette
réserve. Cette occupation persistante est une menace pour la faune sauvage
et l’équilibre biologique de la réserve. La transhumance a également
d’autres impacts dans la zone d’influence de la rbtwb.
L’étude des impacts aux plans social et économique de cette pratique
pastorale dans les cinq communes riveraines de la rbtwb (Kérou,
Banikoara, Kandi, Malanville et Karimama) est conduite à travers une
revue de littérature et une enquête socio-économique auprès des différents
acteurs directs (éleveurs, agro-éleveurs) et indirects (agriculteurs,
administration).
L’arrivée des transhumants étrangers est source de conflits et 43 % des
personnes enquêtées affirment avoir été confrontés à des conflits liés à la
transhumance. Les causes des conflits sont notamment les dégâts dans les
champs (évoqués par 60 % des agriculteurs et 34 % des éleveurs), les vols
de bétail (28 % et 31 %), la concurrence sur les aires de pâture (20 % et 34
%), les vols de récoltes, la propagation de nouvelles pathologies, le nonrespect des couloirs. Au plan économique par contre, les effets de la
transhumance sont plutôt fastes, puisque l’arrivée des transhumants fait
chuter le prix de vente des animaux de 18,5 à 21,5 %, facilite l’acquisition
des reproducteurs de grandes valeurs génétiques, crée des emplois et
permet aux municipalités de percevoir plus de taxes.
L’atteinte des objectifs de conservation de la rbtwb nécessite une gestion
participative impliquant les éleveurs transhumants et une réorientation de
l’élevage transhumant vers des formes plus intensives.
