SÉROTONINE ET DÉGÉNÉRESCENCE VALVULAIRE CARDIAQUE: De la valvulopathie carcinoïde aux atteintes médicamenteuses

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La sérotonine et les substances qui stimulent ses récepteurs ont été suspectées d’induire des phénomènes dégénératifs valvulaires cardiaques. Cette hypothèse repose sur un faisceau d’arguments observationnels basé sur la similitude des lésions de la valvulopathie carcinoïde et de celles observées au décours de l’emploi de substances ayant en commun d’activer un sous-type de récepteurs sérotoninergiques, le 5-HT2B. En effet, les lésions se présentent sous la forme de plaques riches en myofibroblastes et en protéoglycanes. Elles sont rétractiles, épaississent les feuillets et conduisent souvent à la coexistence de fuites et de sténoses. De plus, l’intensité de la stimulation est probablement reliée à l’importance des lésions puisqu’on met en évidence une corrélation entre l’importance des lésions dégénératives et les concentrations sanguines de sérotonine d’une part et d’autre part entre la dose et la durée d’emploi des agonistes sérotoninergiques. Cependant, les mécanismes cellulaires et moléculaires sont encore très imparfaitement élucidés. Cette compréhension constituerait une véritable clé dans le développement de nouvelles stratégies pour la prévention des lésions carcinoïdes et l’identification des substances exposant à un risque valvulaire aussi bien en pharmacologie de sécurité que pour la surveillance des médicaments après leur commercialisation.

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