IMMATRICULATION FONCIÈRE ET ENCHÉRES A ABOMEY-CALAVI (BENIN) : TECHNOLOGIE OPERATOIRE DU VICE ET EXPROPRIATION DE DÉVELOPPEMENT ENDOGÈNE ?
Abstract
La problématique de l’immatriculation foncière à Golo-Djigbé / Abomey-
Calavi (sud-Bénin), se pose en termes de vivaces logiques endogènes de
possession différenciées et mises en oeuvre par des acteurs sociaux et
institutionnels rationnels et résolus, au détriment du terroir. Quelle est cette
transaction dont on vante la dynamique et dont les enjeux sont néfastes et
funestes au développement endogène ? Cette étude qui tire ses fondements de
la propriété selon Sénèque, contribue à la compréhension du maillage et du
mariage des jeux d’intérêts où se disputent les trafics d’influences, la
corruption et la surenchère comme des stratégies d’opérationnalisation d’une
technologie du vice au service de la pauvreté de la localité.
Une démarche méthodologique exploratoire qualitative, avec pour
centralité l’observation participante de 2012 à 2014, a porté sur 81 acteurs de
divers profils, retenus selon leur catégorie socioprofessionnelle, pendant la
période de collecte.
On retient que le champ de transactions foncières à Abomey-Calavi est
un espace d’expression de motivations plurielles et de volontés
émancipatrices, dans le maintien de la précarité de la communauté. C’est une
soupape de libération des velléités/volontés d’affirmation de soi, dans
l’opiniâtreté du viol du citoyen et des textes imposé par la technologie du vice
au dépouillement des collectivités familiales. L’immatriculation foncière à
Abomey-Calavi, en tant qu’achèvement d’un long processus de prédations sur
des ressources diverses dans une perspective existentialiste, ne profite
finalement pas aux autochtones qui, en se dépouillant de leurs terres pour
diverses raisons sociologiques, s’asservissent aux allophones nantis, dans une
dynamique d’immobilisation de la fortune opposée à une paupérisation
autochtone irréversible. La commune s’urbanise certainement, mais au
détriment des communautés autochtones qui ne se développent point,
s’étiolent et ploient sous une technologie opératoire du vice, dans
l’omnipotence de l’impunité rampante.
