L'enseignement islamique au Bénin. Etat de l'offre et contribution à l'EPT d'ici à 2015. Education pour tous, culture et développement. Enjeux et perspectives de l'éducation dans l'espace francophone
Abstract
Au bénin, comme dans bon nombre de pays d'Afrique francophone, le constat d'une " éducation prisonnière de la forme scolaire " au sens où le développe Guy Vincent (1995-2005) conduit à reléguer au second plan, voire à l'oubli les formes alternatives d'éducation. Ainsi, l'enseignement islamique se développe en marge du système éducatif et des politiques éducatives au Bénin, alors qu'il fait l'objet d'une attention plus importante dans d'autres pays de la sous-région (Sénégal, Niger, Burkina Faso, etc.). La présente recherche vise à produire et à rendre disponible des informations utiles dont les décideurs pourrait se saisir dans sa réflexion et son action pour assurer une offre éducative inclusive et de qualité pour tous. Une typologie de trois sortes d'écoles islamiques (coranique, arabe et franco-arabe) a été proposée et l'atout et faiblesses de chacune d'entre elles ont été identifiées au regard du droit à l'éducation pour tous. La recherche révèle que si cette forme d'enseignement confère des habiletés aux apprenants, sa prise en compte dans une approche holistique de l'éducation reste à réaliser. En effet, ces écoles confèrent en général des compétences aux apprenants (alphabétisation, compétences sociales de base, autonomisation, etc.) mais favorisent peu leur insertion professionnelle (diplômes non reconnus, barrage de la langue l'arabe), les contraignant parfois à l'émigration vers les pays arabes. L'alternative semble résider dans la promotion des écoles franco-arabes - dont les apprenants bilingues plus aptes à l'insertion professionnelle dans un environnement principalement francophone - et leur prise en compte dans la réforme de l'éducation.
