Denis Diderot, précurseur de la distanciation colonialiste et théâtrale

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A travers une lecture contextuelle de deux de ses ouvrages, cette communication tente de montrer que le génie touche à tout de Denis Diderot a préparé deux phénomènes thématiquement éloignés l’un de l’autre, mais qui se rejoignent socialement dans l’histoire du colonialisme. Si le Paradoxe sur le comédien (écrit entre 1773 et 1777, mais publié à titre posthume en 1830) a préparé la distanciation brechtienne, symbole du détachement psychologique et de la domination de l’acteur sur le personnage incarné, il a peut-être préparé, sans le vouloir, la domination colonialiste, insensible à la misère du colonisé dont l’acceptation résignée est également préparée par l’autre ouvrage qu’est Jacques le fataliste (écrit en 1771, mais également publié à titre posthume en 1796). Cette lecture particulière de deux ouvrages de Denis Diderot jette un regard nouveau sur la personnalité de ce monument intellectuel du Siècle des Lumières.

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