LES REFORMES DU SYSTEME EDUCATIF BENINOIS DE 1960 A 2003 : PERMANENCES ET RUPTURES
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Depuis la proclamation de l’indépendance le 1er août 1960, l’institution scolaire est devenue un patrimoine de l’Etat béninois. De 1960 à nos jours, en fonction de l’évolution de l’histoire politique du Bénin, trois périodes caractérisent le système éducatif du pays.
La première période (1960-1972), caractérisée par la réforme dite ‘’Grosse-Tête/Dossou-Yovo’’ qui s’est traduite par la prise de l’Ordonnance N° 71-28 CP/MEN du 24 juin 1971 a porté la marque de la France. La deuxième période (1972-1990), marquée par la prise de l’Ordonnance N° 75-30 du 23 juin 1975, donnait une consistance statutaire à la réforme dite de l’Ecole Nouvelle. La dernière période, (1990 à 2003) est marquée par la réforme, objet de la Loi N° 2003-17 du 11 novembre 2003 portant orientation de l’éducation nationale en République du Bénin, modifiée par la Loi N° 2005 du 06 octobre 2005. Cette réforme a vu le jour après la Conférence nationale et les Etats généraux de l’éducation tous tenus en 1990 puis, le Document cadre de politique éducative adopté en 1991.
L’objectif poursuivi à travers cette étude est de voir la finalité de chacune de ces réformes. A cet effet, la démarche méthodologique utilisée repose sur la recherche documentaire et les enquêtes de terrain. La première est menée dans les archives, les documents programmes et guides du primaire et du secondaire. La seconde s’est effectuée auprès des concepteurs et des exécutants des programmes scolaires notamment les inspecteurs et les enseignants.
Les résultats obtenus amènent à constater que les trois grandes réformes intervenues au Bénin de 1960 à 2003 ne font que se répéter quant à leurs finalités, à leurs orientations et même à leurs objectifs. Les programmes d’études apportent une certaine différence mais cette différence n’est pas suffisamment maîtrisée pour qu’on puisse identifier clairement chacune de ces réformes du point de vue de la fonction pédagogique du système éducatif. Toutes les réformes ont l’intention de former un homme nouveau dont le pays a besoin pour se développer, mais aucune d’elles n’arrive à le faire. Pourquoi ? Tout simplement parce que la durée de vie ou de mise en œuvre des réformes est si courte qu’elles ont à peine le temps de passer la phase de la germination. Dans le secteur de l’éducation, on a pris l’habitude d’aller de changement en changement sans se donner le temps de ne maîtriser aucun changement. Le secteur est par ailleurs soumis à la politisation extrême et à l’envahissement syndical à outrance.
