Chocs exogènes et stratégies de résilience des microentreprises informelles (cas de la ville de Cotonou, Bénin)
Abstract
Du fait de leur nature et des modalités de leur exercice, les unités économiques informelles sont très sensibles aux chocs exogènes, mais elles sont également dotées de mécanismes de résilience. L’objectif de ce travail est d’apporter des éléments d’éclairage sur les effets de ces chocs sur le secteur informel ainsi que les stratégies de résilience de ce secteur. L’analyse s’appuie sur l’exemple de la ville de Cotonou dont les actifs de l’économie informelle ont subi en l’espace de trois ans, deux chocs majeurs : le déguerpissement des espaces publics et les effets des mesures restrictives liées à la pandémie de la COVID-19.
La méthode utilisée est basée sur la revue documentaire, l’observation in situ et une enquête longitudinale auprès d’un échantillon de 120 microentreprises issues de 20 corps de métiers. L’utilisation des outils de la statistique descriptive a permis de traiter les données collectées.
Les résultats ont montré que les deux chocs ont engendré des impacts extrêmement forts sur l’économie informelle se traduisant par une baisse drastique des revenus de l’ordre de 30 à 85 %. En dépit de l’ampleur des chocs, 52,5 % des micro-entrepreneurs touchés par les effets collatéraux de la COVID-19 et 80 % des ceux touchés par les opérations de déguerpissement avaient pu se réinsérer et retrouver un niveau de revenu « normal » au bout de six mois après les premiers effets des chocs. Ces résultats confirment la résilience du secteur informel aux chocs.
