La dot comme frein à la parité des genres en Afrique : analyse faite à partir de quelques représentations littéraires et sociales
Abstract
L’analyse de quelques ouvrages de littérature africaine attire utilement l’attention sur les drames qui se tissent autour du mariage d’un homme et d’une femme dans certaines communautés africaines, en raison de la conception et de la pratique de l’institution sociale qu’est la dot. L’écrivain Ferdinand Oyono en a fait le thème central de sa production littéraire notamment à travers sa trilogie théâtrale Trois prétendants, un mari, Jusqu’à nouvel avis et Notre fille ne se mariera pas. Au-delà de l’image caricaturale d’une certaine marchandisation de la femme à travers le phénomène de la dot, ses pièces nous amènent à réfléchir sur une pratique sociale qui, semble-t-il, se voudrait un symbole de rapprochement entre deux familles pour donner plus d’assise sociale à l’union entre un homme et une femme venus de deux familles différentes. Mais à y regarder de près, c’est le dévoiement en Afrique d’une pratique initiale de complémentarité paritaire au sein d’un ménage qui, quelle que soit la valeur symbolique à laquelle on voudrait la ramener, assujettira toujours la femme à l’homme et l’empêchera d’être une partenaire de même rang et de même niveau que son conjoint. D’où la nécessité, à défaut de la ramener à l’apport de la femme au ménage telle que considérée sous d’autres cieux, d’abolir la direction « fémini-centrique » de la dot africaine ou, alors, de la transformer en un apport des deux familles au jeune ménage, pour que la parité des genres prenne son envol en Afrique à partir de la constitution de la cellule familiale.
