La "civilisation" de l'action publique en droit béninois
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Tenter de « lier en gerbes » comme disait Michel Tardy, des concepts juridiques habituellement
disjoints par l’enseignement et la pratique est une entreprise malaisée. C’est pourtant, ce à quoi
invite une étude sur la « civilisation » de l’action publique. Une telle étude tend à démontrer que
l’action publique connaît une véritable transformation, en empruntant les outils connus au droit
civil. Pour trouver des réponses pertinentes aux différentes crises qui secouent la procédure
pénale, le législateur cherche à transposer à la matière pénale les modes civilistes de règlement
des différends. Une telle option entraîne un dévoiement de l’action publique dans son essence et
dans ses caractères. L’objectif de répression et de protection de l’ordre public demeure. Mais
l’intérêt à agir y connaît une certaine appropriation subjective, et le ministère public semble
corrélativement perdre du terrain dans sa prérogative exclusive de mettre en mouvement l’action
publique. Par suite, l’action publique éprouve une certaine fascination dans la conduite du procès
pour les règles connues à la procédure civile. Cette tendance prolonge les réflexions et les
discussions portant sur la disponibilité potentielle de l’action publique.
