Paysannat vivrier face aux incertitudes pluviométriques de la seconde saison agricole dans la commune de Didja au Sud-Benin
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En raison de ses multiples utilisations (stock tampon pour la soudure alimentaire, semences pour la prochaine campagne agricole, usages culturels, etc.),
les productions de la seconde campagne agricole revêtent une importance capitale pour les paysans de la commune de Djidja. Il importe d’appréhender la vulnérabilité de la production vivrière de cette commune ‘’grenier’’ aux incertitudes pluviométriques de cette saison dans le contexte des dérèglements climatiques en cours.
L’appréciation de la qualité de la saison agricole s’est appuyée sur la détermination des dates de début et de fin, de même que la longueur de la saison agricole de même que l’occurrence des séquences sèches. A cet effet, les hauteurs de pluies journalières de la station de Bohicon (la plus proche de Djidja) ont été utilisées. Ces données pluviométriques qui concernent la période 1951-2010, sont extraites des fichiers du service météorologique de l’Agence Nationale de la
Météorologie (Météo-Bénin). Les connaissances paysannes sur la question ont été analysées sur la base des enquêtes conduites auprès de 300 exploitants agricoles.
Les résultats montrent que le cumul pluviométrique moyen de cette saison est de 400 mm pour une durée moyenne de 70 jours. Outre la faiblesse de la
pluviosité et la brièveté de sa durée, cette saison est caractérisée par une instabilité qui se manifeste par un démarrage tardif (20 %) une fin précoce (35 %), les deux
épisodes pouvant se combiner la même année (10 %). Il s’ensuit un raccourcissement de la saison agricole. Un tel contexte interdit la production de plante à cycle long (140 jours). Même les variétés à cycle court (90 jours) cultivées par les producteurs se trouvent en condition inconfortable. Face à ces aléas, ils procèdent à des semis précoces, à l’utilisation d’engrais chimiques et à des récoltes précoces. Ces résultats montrent la nécessité de la mise en place de mesures d’adaptation éprouvées avec le concours de tous les acteurs (décideurs, chercheurs, encadreurs et producteurs) dans le cadre d’une démarche participative pour soutenir le paysannat vivrier de cette commune.
